Théâtre : Etty Hillesum, une étoile de l'aube

de Béatrice Courraud et Charles Tordjman
par La patience, compagnie Charles Tordjman

dans le cadre de la quinzaine contre le racisme

Du jeudi 7 mars au samedi 16 mars 2002
Théâtre de Poche, 182 Cours Berriat, Grenoble

Etty, jeune femme de 27 ans, écrit son journal à la suite de la rencontre décisive avec Julius Spier, psychanalyste. Il la guidera dans son chemin pour se trouver et aller vers l'autre. Elle mourra à Auschwitz à 29 ans. Tandis qu'Etty explore en funambule les espaces accidentés des sentiments, d'autres enferment l'Europe dans un carcan de haine et de lente agonie. Plus l'étau se resserre, plus elle devient lumineuse. A travers sa quête d'absolu, elle atteint le sublime. C'est un hymne à l'amour.

Le Cercle est coproducteur de ce spectacle,
dans le cadre du septième festival de musique et théâtre juif 2001.

Nous vous conseillons de réserver votre soirée du mardi 12 mars pour aller voir ce spectacle.
Tarif réduit pour les membres du Cercle à jour de leur cotisation 2002
sur présentation de la carte d'adhérent que vous allez recevoir par courrier.

Horaires :

  • 20h30
  • Matinées à 14 h les 12, 14 et 15 mars.
  • Relâche les dimanche 10 et lundi 11 mars.

Tarifs :

  • tarif plein : 12.20 euros
  • tarif réduit : 7.62 euros
  • scolaires 4.57 euros

Accès : tram A, arrêt Berriat-le Magasin.

Renseignement & réservations : 04 76 84 01 84.


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.