Communiqué du Cercle Bernard Lazare - Grenoble

Le Cercle Bernard Lazare Grenoble, scandalisé par la récente vague d'attentats, qui entraîne la répression et empêche toute reprise du dialogue, tient à réaffirmer que seule la négociation pourra mettre fin au conflit. Il se reconnaît entièrement dans le texte de David Chemla,

Ecoute Israël : reviens à toi !

publié dans Le Monde du vendredi 15 mars 2002, et reproduit ci-après (n°1) avec l'aimable autorisation du journal Le Monde.

Le Cercle Bernard Lazare Grenoble se reconnaît également dans le texte du mouvement La paix Maintenant,

Vouloir la paix, c'est AUSSI savoir dénoncer le terrorisme.

à la veille de la manifestation de solidarité avec le peuple palestinien appelée le 23 mars, reproduit ci-après (n°2)

[voir le texte n°2]

Texte n° 1

Ecoute Israël : reviens à toi !

par David Chemla, Le Monde, vendredi 15 mars 2002.

La campagne politique lancée par la coalition israélo-palestinienne pour la paix sur le thème : " sortons des territoires, revenons à nous ! " ouvre enfin une perspective à un conflit qui s'enlise et dont personne ne voit l'issue. Pour la première fois, des intellectuels et des hommes politiques des deux bords, au premier rang desquels les militants de La Paix Maintenant, signent un texte commun affirmant les principes qui permettent de bâtir une solution politique.

La création de cette coalition, en pleine Intifada, alors qu'il est difficile pour les protagonistes des deux camps même de se rencontrer, est la meilleure réponse à la critique récurrente sur l'inexistence d'un camp de la paix palestinien en miroir du camp israélien.

Le discours de Sari Nusseibeh, prononcé en hébreu il y a quelques semaines à Tel Aviv devant 15000 manifestants, où il prônait l'application de la loi du retour pour les réfugiés palestiniens à l'intérieur du futur état palestinien et pour les colons au sein de l'état d'Israël dans le cadre de ses frontières d'avant 1967, est un acte très important.

Il affirmait ainsi publiquement, sans être démenti ensuite par l'Autorité palestinienne, la nécessité pour les réfugiés de renoncer à leur demande de retour en Israël, une des exigences qui avait contribué à l'échec des négociations de Camp David et de Taba.

Cet appel, lancé par la coalition pour la paix à la société israélienne, de revenir à elle, lui pose clairement un défi : définir ce qui constitue le fondement de son identité. Depuis 1967, le développement accéléré et irresponsable des colonies dans les territoires occupés mine et corrompt les fondements d'Israël comme Etat et comme société.

Revenir à soi pour Israël, c'est reconnaître qu'il y a un conflit insurmontable entre le Grand Israël et l'Etat d'Israël, c'est reconnaître qu'il est impossible d'avoir les deux. Ceux qui veulent l'intégralité de la terre portent la responsabilité de l'écroulement à terme de l'Etat. Ceux qui veulent préserver l'Etat doivent se résoudre à abandonner une partie de la terre.

Un même appel au retour à soi devrait également conduire les Palestiniens à choisir sans équivoque entre l'abandon du terrorisme et la construction d'un Etat aux côtés d'Israël ou la poursuite de chimères qui depuis 54 ans n'ont fait que maintenir ce peuple dans le malheur.

Pour nous ici, qui militons depuis des années pour qu'enfin la paix puisse s'installer entre ces deux peuples, nous devons analyser la situation des deux camps de la paix, de part et d'autre de la ligne verte, afin de mieux les aider. Il y a 18 mois, quelles que soient les erreurs de Barak, tous les sondages en Israël montraient que s'il était revenu de Camp David avec une proposition d'accord, il aurait été soutenu par une majorité de la population. Même l'évocation du partage de souveraineté de Jérusalem ne remettait pas en cause ce large soutien.

Après l'échec des négociations, une partie de ce soutien au processus de paix s'est érodé ; les positions israéliennes se sont radicalisées parallèlement au développement de l'Intifada et à l'accroissement des attentats. Tirons les conséquences de ces événements. L'Etat palestinien n'existera que le jour où une majorité d'Israéliens sera convaincue que celui-ci ne les met pas en danger. Le camp de la paix doit retrouver sa crédibilité auprès d'une population devenue sceptique et méfiante.

Malgré 18 mois d'Intifada, les sondages récents montrent que la majorité des populations israélienne et palestinienne sont pour la reprise des négociations. Appeler à soutenir la coalition israélo-palestinienne pour la paix, c'est aider le camp de la paix à présenter l'autre, non pas comme un adversaire, mais comme un partenaire aux objectifs communs.

Nous avons une responsabilité dans ce conflit : appeler à soutenir les forces de paix engagées sur le terrain à casser la logique des camps et apporter notre caution et notre poids moral de véritables amis d'Israël, soucieux de sa sécurité et de son avenir, à ceux qui se battent courageusement pour l'émergence d'une solution politique.

David Chemla, Les Amis de Shalom Ah'shav. lapaixmaintenant.org

[voir le texte n°1]

Texte n°2

Vouloir la paix, c'est AUSSI savoir dénoncer le terrorisme

par Gérard Eizenberg, Les Amis de la Paix Maintenant.

Une Coordination des Appels pour une Paix juste au Proche-Orient (CAPJO), appelle a une manifestation le 23 mars à Paris [et en province.]

Les Amis de Shalom Ah'shav, ne s'associeront pas à cette manifestation, et condamnent les mots d'ordre et la plate-forme politique présentées par cette coordination.

En effet, la position politique du CAPJO - et de toutes les associations auxquelles il se joint - fait porter la responsabilité de la crise actuelle sur le seul gouvernement israélien et évacue complètement la question du terrorisme. Des hommes et des femmes, sincèrement concernés par l'ampleur de la crise actuelle et désireux de se mobiliser, ont pu se laisser entraîner dans les initiatives du CAPJO, sans percevoir la nocivité de leurs mots d'ordre.

C'est pourquoi il nous apparaît nécessaire de manifester publiquement nos critiques et notre désaccord, afin :

  • d'expliquer à toutes celles et à tous ceux qui cherchent à oeuvrer pour une réconciliation entre Juifs israéliens et Arabes palestiniens, que les mots d'ordre et la plate-forme politique du CAPJO et de la manifestation du 23 Mars sont mal intentionnés, et par là-même contre productifs ;
  • de ne pas entretenir une confusion dommageable entre nos actions, qui visent à soutenir les acteurs engagés sur le terrain dans la recherche d'une solution politique, et celles du CAPJO qui sont partisanes et unilatérales.

Cette coordination appelle à se regrouper sous le mot d'ordre " Pour une Paix juste et immédiate au Proche-Orient ", un ensemble d'organisations, dont entre autres :

  • les Verts,
  • la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR),
  • le P.C.F.,
  • la C.G.T.,
  • la F.S.U.,
  • le M.R.A.P.,
  • la Ligue des Droits de l'Homme,
  • l'Association des Palestiniens en France (APF),
  • l'Union Générale des Etudiants de Palestine (GUPS-France),
  • l'Association France-Palestine - Solidarité (AFPS),
  • etc.

La plate-forme politique de la manifestation du 23 mars se décompose en quatre points (dixit) :

  • Le respect des principes et résolutions des Nations-Unies, ainsi que des Conventions de Genève.
  • Une force de protection internationale.
  • Le démantèlement des implantations de colons israéliens, et le retrait immédiat de l'armée israélienne des territoires occupés en 1967.
  • L'établissement d'un Etat palestinien à côté de l'Etat d'Israël, dans le respect mutuel des droits et des aspirations légitimes des deux peuples.

La plupart de ces points sont ambigus et critiquables :

  • La référence à toutes les résolutions des Nations-Unies permet de garder en réserve, sans l'afficher ouvertement, la revendication au droit au retour intégral des réfugiés de 1948, qui s'est quand même révélée être l'obstacle principal à un règlement global.
  • L'appel à une force de protection internationale est une revendication palestinienne quasi unanimement rejetée en Israël, surtout si elle était imposée à Israël de l'extérieur.
  • Sans reconstruction de la confiance mutuelle, exiger un retrait immédiat et total est de la pure propagande et relève de la langue de bois.

Le démantèlement des implantations ne pourra s'effectuer que de façon progressive et le retrait total ne pourra être que le résultat d'un accord de paix. A aucun moment, n'est évoquée une responsabilité éventuelle de l'Autorité palestinienne ou des diverses tendances dans sa mouvance. Les attentats kamikaze aveugles et meurtriers sont sans doute mentionnés, mais seulement pour être situés - et par là même justifiés -, dans le contexte de la perpétuation de l'occupation des territoires par Israël.

Nous estimons que ce parti pris systématique, cette diabolisation d'Israël, et cette idéalisation des victimes palestiniennes est le révélateur d'une totale cécité politique, et d'une méconnaissance des réalités complexes du terrain. Ainsi donc, seuls les Palestiniens seraient des victimes innocentes ? Quant aux Israéliens, si eux aussi ont à dénombrer leur quota de victimes, ils n'auraient à en faire porter la responsabilité qu'à leur seul gouvernement ?

Un satisfecit et une justification sont ainsi trouvés aux pires extrémistes palestiniens. C'est trop facile d'aligner impunément de telles contrevérités ! Cette position, qui se masque maintenant sous un voile de compassion partagée, voulant donner l'impression d'une position équilibrée, et dénonçant toutes les formes de racisme, est scandaleuse et outrancière. En ce qui concerne plus particulièrement la situation en France, il est tout aussi malhonnête et irresponsable de laisser croire qu'un dialogue entre Juifs et Arabes, ne peut s'instaurer que sur la base d'une condamnation unilatérale d'Israël, en évacuant les responsabilités de l'Autorité Palestinienne et des Etats arabes de la région dans la perpétuation du conflit.

Si les Palestiniens et les Israéliens en sont là, c'est aussi parce que le leadership palestinien n'a pas su utiliser et exploiter à son avantage les opportunités politiques qui s'étaient présentées à Camp David et à Taba. Yasser Arafat devra expliquer devant son Peuple et devant l'Histoire pourquoi il a choisi la fuite en avant de l'Intifada pour qu'en définitive, lorsque les deux peuples auront touché le fond, ils en reviennent à ce qui avait été mis sur la table des négociations il y a bientôt deux ans.

Le peuple israélien acceptera de choisir en faveur des incertitudes de la paix, et contre les risques de la guerre, quand il aura le sentiment que la partie adverse est vraiment en train de faire le choix d'un compromis historique pour une coexistence pacifiée des deux peuples. Yasser Arafat n'a pas su faire cette démonstration face au gouvernement d'Ehud Barak, qui avait préparéson peuple à plus de concessions qu'aucun des gouvernements précédents.

On peut reprocher beaucoup de choses au gouvernement de Sharon, et nous sommes les premiers à le faire, mais c'est Arafat, et l'incapacité qu'il a révélée à faire accepter à son peuple des compromis douloureux et nécessaires, qui ont fait élire Sharon.

De tout ceci, l'Appel du CAPJO ne parle pas. En résumé, sous une apparence généreuse et objective, et tout en tentant de manifester une empathie avec les souffrances des deux camps, les revendications avancées par le CAPJO sont essentiellement partisanes. Non seulement elles ne font pas avancer la nécessaire compréhension mutuelle entre les deux parties, mais elles sont contre productives : en prenant unilatéralement, et de façon masquée, le parti d'un camp contre l'autre, elles renforcent l'intransigeance du côté israélien, et justifient le jusqu'au boutisme palestinien.

D'un point de vue éthique, moral et politique, rien ne légitime cette démagogie envers un terrorisme aveugle. Il faut le dire hautement et clairement. Quotidiennement, chaque attentat kamikaze renforce en Israël les partisans de la manière forte et de la perpétuation de l'occupation, et affaiblit ceux qui veulent toujours tendre une main à l'adversaire et donner une chance à la paix. Ceux qui, de loin et sous couvert d'une générosité et d'une solidarité affichées, cautionnent et soutiennent les positions les plus extrêmes, doivent savoir qu'ils ont leur part de responsabilité dans la continuation du conflit et dans ses conséquences.

En ce qui nous concerne, nous n'avons pas de leçon à recevoir sur notre engagement constant et opiniâtre pour une paix véritable et sincère. Nous continuerons à nous opposer à la politique cynique et irresponsable de Sharon, et à soutenir ceux qui, sur place, se battent pour qu'Israël se libère des territoires occupés. Dans cette période difficile pour le sionisme et l'Etat d'Israël, nous nous tenons à son côté dans une solidarité sans failles.

Mais nous ne sommes pas naïfs. Israël, en tant que société démocratique, ne basculera de nouveau vers des positions de paix et de compromis que si les partisans d'une reconnaissance réciproque se renforcent, se manifestent plus clairement au sein de la société palestinienne et ne laissent pas tout le terrain aux irréductibles et aux fondamentalistes religieux .

Quant à nous, nous continuerons à soutenir la Coalition Israélo-Palestinienne pour la Paix, regroupant les hommes et les femmes des deux camps qui cherchent avec lucidité et courage les voies réalistes et acceptables du compromis nécessaire. Plusieurs actions sont en préparation sur place, qui pourraient se déployer prochainement si les circonstances le permettent. Nous ne manquerons pas de vous les faire connaître et de les relayer quand elles se déclencheront.

Ici, nous continuerons :

  • A faire mieux connaître la réalité complexe du conflit, et les positions courageuses des vrais partisans d'un rapprochement entre les deux peuples.
  • A vous proposer des actions constructives
  • A faire connaître et défendre nos positions dans un contexte souvent difficile et partisan.

Gérard Eizenberg, "Les Amis de La Paix Maintenant"

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Brèves

Ce que disait Amos Os deux mois avant sa mort

Le 30 octobre 2018, la chaîne publique de télévision israélienne a diffusé une longue interview d’Amos Oz. J’en traduis ici les passages essentiels.

M. W.

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SUR LA HAINE

La leçon des dernières années est que le “cadeau” fait par Hitler et Staline, il y a quatre-vingt ans, est périmé. Hitler et Staline n’avaient pas l’intention de nous faire un cadeau, mais sans le vouloir ils ont légué au monde un certain sentiment de honte face au racisme et à la xénophobie. Or les gens redécouvrent la haine. Ils se lèvent le matin, et se mettent à haïr tous ceux qui ne leur ressemblent pas. C’est effrayant. Je ne crois pas qu’un homme qui pratique chaque jour la haine puisse être un homme heureux.

SUR SON MESSAGE

Je ne suis pas un retraité qui passe la journée sur son balcon et boit un verre de vin chaque soir; j’écris, je parle, je donne des conférences, je m’exprime. Mais je comprends parfaitement que le porteur d’un nouveau message ne doit pas être un mâle ashkénaze nanti et âgé. Je crois que le message doit venir de femmes et d’hommes plus jeunes, issus d’horizons très différents du mien. Cela fait des dizaines d’années que je parle, il est temps que d’autres prennent la parole.

SUR LA SOLUTION À DEUX ÉTATS

Il est intéressant de voir la droite colonisatrice et la gauche post-sioniste se mettre d’accord pour nous dire que la situation dans les territoires serait irréversible. Je crois que le seul fait irréversible est la mort (et je dois en faire personnellement l’expérience avant d’en être tout à fait certain). L’histoire, telle qu’elle s’est déroulée sous mes yeux, regorgeait de bouleversements imprévus. L’avenir tel que je le prévois, c’est-à-dire la solution à deux États, se réalisera-t-il à coup sûr? Non. Cet avenir est-il possible? Selon moi, il n’est pas seulement possible, il est absolument nécessaire.

Les gens qui déclarent: “Mettez-vous tous les deux dans le même lit, commencez à faire l’amour et non la guerre”, ces gens-là disent n’importe quoi. Après un siècle de violence et de haine, il est impossible de faire lit commun et d’entamer la lune de miel de l’État binational. Nous devons diviser la maison en deux appartements, devenir voisins; et peut-être, un jour, deviendrons-nous des amis. C’est ainsi que les choses se passent entre les humains.

SUR LA DÉMOCRATIE EN ISRAËL

Je suis inquiet quant à l’avenir de la démocratie en Israël, en raison des lois récentes dont beaucoup, sans être nécessairement fascistes, sont inutiles. Il est inutile d’édicter des lois pour nous faire aimer notre pays. Nous n’avons pas besoin d’une loi sur la fidélité [à l’État d’Israël] ni d’une loi définissant la nature [juive] de l’État.

Ayez un peu confiance. La plupart des Israéliens aiment Israël, bien que ce ne soit pas toujours facile. J’aime Israël, bien que souvent Israël fasse tout pour que je ne l’aime pas. Il ne faut pas édicter des lois sur la fidélité et l’amour, il faut être digne de fidélité et d’amour.

SUR SON STATUT D’ÉTERNEL MINORITAIRE

Je vais vous révéler un secret: de toute ma vie, je n’ai jamais été dans le camp majoritaire. J’ai grandi dans une famille appartenant au parti Hérout [de Menahem Begin]. Nous étions minoritaires. Durant de longues années j’ai été un ami proche de [Shimon] Pérès, et un peu aussi de [Yitzhak] Rabin. Mais ce n’est pas un secret que je n’ai jamais voté pour eux, et ils le savaient. Ma vie durant, j’ai fait partie de la minorité.

SUR LA RÉVOLUTION FÉMINISTE

La révolution féministe rend le monde meilleur. Elle corrige un mal qui dure depuis des millénaires. Comme dans tout mouvement qui aspire à la justice, on y trouve des éléments marginaux qui ne recherchent plus la justice mais la vengeance. Ce sont ces éléments marginaux que je crains, et non le mouvement dans son ensemble.

Entre l’aspiration à la justice et la soif de vengeance, la frontière est très mince. Aucun mouvement n’est vacciné contre le fanatisme – ni le mouvement politique auquel j’appartiens moi-même, ni le mouvement féministe.

SUR LE BILAN DE SA VIE

Bien sûr, j’ai peur de la mort. J’y pense souvent. Au cours de ma vie j’ai reçu beaucoup de coups, dans le domaine privé comme dans le domaine public. Mais, durant les dizaines d’années de mon existence, j’ai reçu tant de cadeaux: l’amour, les livres, la musique, les lieux… Rien de tout cela ne m’était dû, personne n’a signé de contrat en ma faveur. Je suis éternellement reconnaissant. Je voudrais partir avec le sentiment de n’avoir délibérément blessé personne. J’aimerais croire, en quittant ce monde, que certaines de mes paroles ont pu réconforter des personnes, en déranger ou en ébranler d’autres. Si je sais qu’une petite partie des dizaines de milliers de mots que j’ai écrits a eu une influence sur la vie de quelques personnes, cela me suffit: j’aurai quelque chose à montrer, là-haut, à la porte d’entrée.