Georges Bensoussan : Nouvelles approches historiques de la Shoah

Voir aussi : Une histoire intellectuelle et politique du sionisme

Conférence de Georges Bensoussan, professeur d'Histoire à Paris,
rédacteur en chef de la Revue d'Histoire de la Shoah (CDJC)

et auteur de

  • L'Histoire de la Shoah (Que sais-je ?, PUF, 1996),
  • Auschwitz en héritage ? D'un bon usage de la mémoire (Mille et une nuits, 1998, réédition printemps 2003),
  • Une histoire intellectuelle et politique du sionisme 1860-1940 (Fayard 2002)

mercredi 9 octobre 2002 à 20 heures
aux Archives Départementales, 2 rue Auguste Prudhomme.

En coopération avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère

L'histoire de la destruction des juifs d'Europe reste la plus grande césure du siècle passé. La " solution finale ", mise en oeuvre à Auschwitz et ailleurs ne fut pas un massacre de plus dans la longue histoire des tueries humaines. Ce fut l'entrée dans l'ère de l'homme superflu sur la terre. Crime allemand et crime occidental qui, sans causalité linéaire aucune, trouve son terreau près d'un siècle avant la tragédie. C'est aussi en s'appuyant désormais sur les pistes nouvelles ouvertes par l'historiographie (allemande en particulier) qu'il faut s'interroger sur la spécificité de ce crime de masse dans un souci situé à mille lieues de toute concurrence des victimes


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.