Georges Bensoussan : Auschwitz en héritage

Conférence - débat le vendredi 23 avril 2004 à 20h30
à Grenoble International, 24 Place Paul Vallier à Grenoble.

L'historien Georges Bensoussan donnera une conférence, suivie d'un débat, sur la nouvelle édition de son ouvrage Auschwitz en héritage.

Il est invité conjointement par

  • l'association PEREC : Pour une Ecole Républicaine et Citoyenne
  • et le Cercle Bernard Lazare - Grenoble.

L'an dernier nous l'avions entendu nous parler de son
"Histoire intellectuelle et politique du Sionisme";

Il avait également présenté l'état de ses recherches historiques aux Archives Départementales, invité par le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère.

Dans Auschwitz en héritage, il nous parle de notre mémoire et de son rapport à un présent qui a radicalement changé depuis quelques années, sur le plan politique.
Cet ouvrage subtil et percutant n'est pas un livre d'histoire malgré la brève synthèse historique qui figure en annexe : il s'agit plutôt de psychologie, de pédagogie, de politique surtout.

Des passages fort éclairants sur le génocide au Rwanda, des analyses du culte mémoriel en France, aux Etats-Unis, en Israël, donnent des perspectives neuves dont nous avons grand besoin pour penser notre actualité inquiétante.


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.