Exposition Itinérance pour la paix

35 artistes israéliens et palestiniens, à Grenoble à partir du 20 juin 2005, dans les locaux de l'association Amal

à l'initiative de

  • Association Amal
  • Cercle Bernard Lazare - Grenoble
  • Association pour un Judaïsme Pluraliste.

Cette exposition poursuivra son itinérance en Régions et en Europe.
Elle a été organisée par l'association ARTPEACE,
avec le soutien de la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette à Paris.

Vernissage le 20 juin à 18h30 à AMAL

avec une intervention de

  • un membre de "La Paix Maintenant - Paris"
  • un membre de l'association "ArtPeace"

L'exposition que nous vous présentons réunit des artistes appartenant à deux communautés en guerre.
Ces artistes ont pris l'initiative de se parler et de se rencontrer dans le but de réaliser une production commune.
Un atelier de lithographie a accueilli leur travail : dans ce lieu, ont été créées les 35 oeuvres qui constituent cette exposition.

Exposer ensemble n'est pas seulement un geste formel, mais un acte symbolique fort.
Les inquiétudes, les espoirs et les attentes de ces artistes se mêlent, identiques, dans ce dialogue plastique lancé au coeur de la tourmente d'une guerre qui n'en finit pas. Oeuvres fortes, différentes et proches à la fois, qui telles les notes d'une partition, nous restituent une même musique. N'oublions pas cette musique et écoutons leur message :

" Aujourd'hui, au mépris de la situation de violence, d'oppression apparemment désespérée dans laquelle nous nous trouvons et comme un défi à la menace renouvelée (...) de terreur, nous, en tant qu'artistes, nous sommes déterminés à poursuivre nos efforts pour promouvoir un dialogue pacifique en vue d'un futur partagé de paix pour les deux peuples. Nous, 35 artistes israéliens et palestiniens, avons pris l'initiative de créer ce portfolio de lithographies originales, dans l'espoir de diffuser nos idéaux et d'offrir un modèle de coopération plus ouvert" ( juin 2002)."

Propos recueillis auprès de l'historien de l'art Itzhak Goldberg : " Il ne s'agit pas d'une exposition comme une autre. On n'a pas cherché à trouver un équilibre prudent, a créer une fausse symétrie entre communautés vouées à partager le même sol. Réunir des créateurs israéliens et palestiniens s'inscrit toujours dans une volonté artistique et politique. Cependant, les oeuvres rassemblées ici, sont un exemple parlant ou plutôt criant, d'une production plastique où la recherche esthétique ne se sépare pas d'une interrogation critique sur le présent. C'est la qualité même de ces images, dures, intransigeantes mais jamais désespérées qui garantit leur puissance et leur portée symbolique " (novembre 2004).

Remerciements à :

  • L'Association La Paix Maintenant (France)
  • L'Atelier des Editions Har-El à Jaffa.
  • Valérie Besser, graphiste.
  • L'Association Des artistes et des lieux pour la logistique.
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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.