Témoigner ! Lutter contre l'oubli ! Lutter contre l'indifférence !

Samedi 19 mars 2005 à 17 heures au Petit Théâtre4 rue Pierre Duclot, Grenoble

  • Yolande Mukagasana, rescapée du génocide rwandais
  • Georges Schnek, résistant, membre de l'organisation juive de combat

Yolande Mukagasana parcours

50 ans : "mon mari et mes trois enfants ont été assassinés lors du génocide de 1994 au Rwanda. J'ai recomposé une cellule familiale en adoptant mes trois nièces. J'ai pris aussi en charge dix-sept autres orphelins du génocide. Naturalisée belge en 1999, j'ai fondé l'association Nyamirambo Point d'Appui, asbl de droit belge. A part la mémoire du génocide, l'association est à vocation socio-culturelle de lutte contre les facteurs de division entre les personnes et les groupes humains, à partir de l'expérience du génocide au Rwanda."

Auteur de :
  • La mort ne veut pas de moi, éditions Fixot, 1997. Co-auteur : Patrick May ; traduit en cinq langues.
  • N'aie pas peur de savoir, éditions Robert Laffont, 1999. Co-auteur : Patrick May ; traduit en trois langues.
  • Les blessures du silence, éditions Actes Sud, 2001. Co-auteur : Alain Kazinierakis
  • De bouche à oreille, éditions Ménaibuc, recueil de contes.
  • Le génocide rwandais raconté aux jeunes est chez l'éditeur
Récompenses :
  • Prix pour le Témoignage et la Solidarité, par la Fondation Alexandre Langer, en Italie, juillet 1998.
  • Prix pour la Compréhension Internationale entre les peuples et les Droits de l'Homme, par le Collège Européen de l'Université de Iéna, novembre 1999.
  • Prix Colombe d'Or pour la Paix, pour son activité journalistique, par la Fondation Archivio Disarmo, Rome, juillet 2002.
  • Prix de la femme du XXIème siècle pour la Résistance, par les associations des femmes au Centre Culturel de Schaerbeek, Belgique, mars 2003.
  • Mention d'Honneur au prix Unesco de l'Education pour la Paix, septembre 2003.
  • Reconnaissance spéciale de lutte pour la paix, par le président de la région de Lombardie, janvier 2005

Georges Schnek

nait à Bruxelles en 1924.
Il se réfugie en France dès mai 1940.
Il est expulsé de l'Institut de Chimie de Toulouse conformément à la loi de Vichy sur le numerus clausus des juifs dans les universités.

Dès le début de l'occupation de la France Libre par les troupes allemandes, il participe aux activités clandestines de l'Organisation Juive de Combat, et le passage d'enfants juifs vers la Suisse.
Arrêté en février 1943 à Annemasse, il s'évade en mars 1943 d'un camp pour travailleurs étrangers et s'intègre dans les activités du MJS et de l'OJC de mars à octobre 1943 à Grenoble.
Il assume la présidence de l'OJC d'août 1944 à septembre 1945.
Après la guerre, de retour à Bruxelles, il met sur pieds, de septembre 1945 à septembre 1947, le Comité de l'Union des Etudiants Juifs de Belgique et le Comité Européen de l'Union Mondiale des Etudiants Juifs.

Il revient à Paris en 1947 pour soutenir une thèse de doctorat au Laboratoire de Chimie de la Faculté des Sciences.
Il préside de nombreuses institutions juives de Belgique.
Il est également un musicien de talent, premier violon de l'Orchestre de Chambre de l'Université Libre (Laïque) de Bruxelles.

Haut de page

Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.