Gilbert Benhayoun : La feuille de route économique

Une perspective israélo-palestinienne sur le statut permanent

Conférence par Gilbert Benhayoun
Professeur d'économie à l'Université Paul Cézanne d'Aix-Marseille, Président du Groupe d'Aix

Samedi 29 janvier 2005 à 20h30 au CCJ, Grenoble

Après une série de contacts pris avec des experts économistes israéliens et palestiniens au début de 2002, il a été décidé l'organisation d'une réunion de travail à Aix-en-Provence en juillet de cette année. Un groupe permanent de travail a été alors constitué : le Groupe d'Aix. L'objectif du groupe est de contribuer à la recherche d'une vision des relations futures entre israéliens et palestiniens. En janvier 2004 le groupe a présenté à la presse ainsi qu'à plusieurs ministres palestiniens et israéliens un document, "la Feuille de route économique" qui présente un ensemble de recommandations sur ce que devraient être les relations économiques futures, dans le cadre de deux états indépendants vivant en paix et dans le respect mutuel.

Partenariat Centre Culturel Juif et Cercle Bernard Lazare - Grenoble


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.