Rencontre sportive : Match de foot Jérusalem - Grenoble

dans la cadre du "Tour de France de l'espoir" initié par SOS - Racisme
en partenariat avec le Cercle Bernard Lazare - Grenoble et le soutien de la Ville de Grenoble

L'équipe de Jérusalem

  • l'équipe s'appelle "Les Monts de Jérusalem."
  • Elle est constituée d'adolescents de 16 à 18 ans de toutes origines.

L'équipe de Grenoble

  • l'équipe s'appelle "le Mistral football club."
  • Elle est constituée également d'adolescents de 16 à 18 ans.

La rencontre s'est déroulée au stade du Clos d'or le mercredi 15 juin à 19 heures.

Les préparatifs A la fin du match Avec le Tam Tam pour encourager Pas encore fatigués

Depuis quelques années le Cercle Bernard Lazare reçoit des groupes de jeunes de banlieues de Jérusalem en vue de leur donner l'opportunité de rencontrer des jeunes de banlieues grenobloises. Nous avons en effet pris conscience que les banlieues sont un terrain favorable au développement du racisme. Un antisémitisme s'y développe du fait que des personnes d'origine maghrébine s'identifient souvent à la cause palestinienne.

Beit Ham, association de prévention, qui oeuvre dans les quartiers défavorisés de Jérusalem a constitué des groupes mixtes de danse ou des équipes mixtes de football afin de permettre aux jeunes de se connaître et de s'accepter mutuellement.

Il est essentiel de promouvoir ces rencontres en France également, car elles permettent d'une part aux jeunes Grenoblois de ressentir la complexité des relations israélo - arabes qui ne sont pas que conflictuelles, mais qui peuvent être conviviales et constructives ; d'autre part elles permettent à ces jeunes proche - orientaux, en réalisant ce voyage commun, de sortir de leur quotidien difficile.

Plus que la rhétorique, c'est l'action quotidienne sur le terrain (de foot) qui pourra faire évoluer les mentalités.


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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.