Agenda 2006 du Cercle Bernard Lazare - Grenoble

Site du Cbl-Grenoble : https://www.cbl-grenoble.org/

Jeudi 2 février 2006 à 20h00

Conférence de Philippe Oriol, historien, spécialiste de l'Affaire Dreyfus
Centenaire de la réhabilitation du capitaine Dreyfus au Centre Culturel Juif, Grenoble
A l'occasion de cette conférence, le Cbl-Grenoble présentera une exposition sur l'Affaire Dreyfus

En partenariat avec Le Centre Culturel Juif

Lundi 6 mars 2006 à 20 h

Présentation de l'oeuvre de Imre Kertész, prix Nobel de littérature 2002
à l'initiative de l'Association France-Hongrie, à la Maison des Associations
Grâce à l'aimable autorisation du conférencier et de l'Association France Hongrie Dauphiné
vous trouverez ici les notes du conférencier

En partenariat avec l'Association France - Hongrie

Mercredi 8 mars 2006

Journée internationale des Femmes : Friedl Dicker-Brandeis
A l'occasion de la Journée Internationale des Femmes 2006,
le Cbl - Grenoble présentera Friedl Dicker-Brandeis, une artiste juive
qui a mis son art et sa pédagogie au service de la lutte contre le nazisme

Cette présentation aura lieu dans le hall de la Mairie de Grenoble, le 8 mars 2006 de 14h à 18h.

mercredi 15 mars 2006 à 20 heures

Rencontre avec Mossi Raz
Après la victoire du Hamas, avant les élections en Israël

En partenariat avec Les Amis de La Paix Maintenant, l'AJP, l'Association AMAL

Samedi 18 mars 2006

Les communautarismes, semaine antiraciste 2006, Maison des Associations.
avec : Dominique Sopo, Président de SOS-Racisme
Saïd Bouaïssi, membre du bureau de « La paix maintenant »
Joëlle Bordet, psychosociologue
et Alain Geismar, conseiller à la mairie de Paris.

En partenariat avec SOS-Racisme

Lundi 25 septembre 2006 à 20 heures

Débat : Vivre ensemble dans la diversité : le rôle de la laïcité
à Grenoble International, 24 place Paul Vallier, Grenoble
Tewfik Allal, coordinateur du Manifetse des Libertés
Chahla Chafiq-Beski, écrivaine, signataire du Manifeste des Libertés
Philippe Namias, Laïcité - Ecologie - Association
  • En partenariat avec
    • Laïcité-Ecologie-Association
    • La ligue des Droits de l'Homme, section de Grenoble
    • La Ligue pour la Défense des Droits de l'Homme en Iran
  • Et avec le soutien de l'Association Amal

Jeudi 28 septembre 2006 à 18h30, Rencontre avec

  • Adolfo Kaminsky, résistant de l'ombre, et
  • Anne-Marie Mingat, résistante, Juste parmi les nations
Salle des Archives, rue Auguste Prudhomme, Grenoble
Kaminsky, sauveur de milliers d'enfants à l'aide des faux papiers qu'il fabriquait.

En partenariat avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, Maison des Droits de l'Homme

Mercredi 11 octobre à 18h30

Georges Bensoussan, professeur d'Histoire, responsable d'Editorial au Mémorial de la Shoah
Salle des Archives, 2, rue Auguste Prudhomme, Grenoble
présentera son livre : Europe, une passion génocidaire

En partenariat avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, Maison des Droits de l'Homme

Mercredi 8 novembre 2006 à 20h30

Douzième festival de culture juive du Cbl-Grenoble, automne 2006

Lundi 20 novembre 2006 à 18h30

Conférence-débat par Daniel Halpérin, président de la fondation Korczak
Janusz Korczak, premier défenseur des Droits de l'Enfant
Salle des Archives, 2, rue Auguste Prudhomme, Grenoble

En partenariat avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, Maison des Droits de l'Homme

Mercredi 29 novembre 2006 de 18h à 22h

Table ronde : La défense de Dreyfus
à la Maison de l'Avocat, place Firmin Gautier
  • Vincent Duclert, historien
  • Philippe Oriol, éditeur des cahiers du capitaine Dreyfus
  • Simon Epstein, chercheur au Centre International de Recherche contre l'Antisémitisme à Jérusalem

En partenariat avec Le Crif - Grenoble-Isère, La Maison des Droits de l'Homme et L'Ordre des Avocats

Ca vous concerne obligatoirement

Ca vous concerne obligatoirement
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Brèves

Ce que disait Amos Os deux mois avant sa mort

Le 30 octobre 2018, la chaîne publique de télévision israélienne a diffusé une longue interview d’Amos Oz. J’en traduis ici les passages essentiels.

M. W.

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SUR LA HAINE

La leçon des dernières années est que le “cadeau” fait par Hitler et Staline, il y a quatre-vingt ans, est périmé. Hitler et Staline n’avaient pas l’intention de nous faire un cadeau, mais sans le vouloir ils ont légué au monde un certain sentiment de honte face au racisme et à la xénophobie. Or les gens redécouvrent la haine. Ils se lèvent le matin, et se mettent à haïr tous ceux qui ne leur ressemblent pas. C’est effrayant. Je ne crois pas qu’un homme qui pratique chaque jour la haine puisse être un homme heureux.

SUR SON MESSAGE

Je ne suis pas un retraité qui passe la journée sur son balcon et boit un verre de vin chaque soir; j’écris, je parle, je donne des conférences, je m’exprime. Mais je comprends parfaitement que le porteur d’un nouveau message ne doit pas être un mâle ashkénaze nanti et âgé. Je crois que le message doit venir de femmes et d’hommes plus jeunes, issus d’horizons très différents du mien. Cela fait des dizaines d’années que je parle, il est temps que d’autres prennent la parole.

SUR LA SOLUTION À DEUX ÉTATS

Il est intéressant de voir la droite colonisatrice et la gauche post-sioniste se mettre d’accord pour nous dire que la situation dans les territoires serait irréversible. Je crois que le seul fait irréversible est la mort (et je dois en faire personnellement l’expérience avant d’en être tout à fait certain). L’histoire, telle qu’elle s’est déroulée sous mes yeux, regorgeait de bouleversements imprévus. L’avenir tel que je le prévois, c’est-à-dire la solution à deux États, se réalisera-t-il à coup sûr? Non. Cet avenir est-il possible? Selon moi, il n’est pas seulement possible, il est absolument nécessaire.

Les gens qui déclarent: “Mettez-vous tous les deux dans le même lit, commencez à faire l’amour et non la guerre”, ces gens-là disent n’importe quoi. Après un siècle de violence et de haine, il est impossible de faire lit commun et d’entamer la lune de miel de l’État binational. Nous devons diviser la maison en deux appartements, devenir voisins; et peut-être, un jour, deviendrons-nous des amis. C’est ainsi que les choses se passent entre les humains.

SUR LA DÉMOCRATIE EN ISRAËL

Je suis inquiet quant à l’avenir de la démocratie en Israël, en raison des lois récentes dont beaucoup, sans être nécessairement fascistes, sont inutiles. Il est inutile d’édicter des lois pour nous faire aimer notre pays. Nous n’avons pas besoin d’une loi sur la fidélité [à l’État d’Israël] ni d’une loi définissant la nature [juive] de l’État.

Ayez un peu confiance. La plupart des Israéliens aiment Israël, bien que ce ne soit pas toujours facile. J’aime Israël, bien que souvent Israël fasse tout pour que je ne l’aime pas. Il ne faut pas édicter des lois sur la fidélité et l’amour, il faut être digne de fidélité et d’amour.

SUR SON STATUT D’ÉTERNEL MINORITAIRE

Je vais vous révéler un secret: de toute ma vie, je n’ai jamais été dans le camp majoritaire. J’ai grandi dans une famille appartenant au parti Hérout [de Menahem Begin]. Nous étions minoritaires. Durant de longues années j’ai été un ami proche de [Shimon] Pérès, et un peu aussi de [Yitzhak] Rabin. Mais ce n’est pas un secret que je n’ai jamais voté pour eux, et ils le savaient. Ma vie durant, j’ai fait partie de la minorité.

SUR LA RÉVOLUTION FÉMINISTE

La révolution féministe rend le monde meilleur. Elle corrige un mal qui dure depuis des millénaires. Comme dans tout mouvement qui aspire à la justice, on y trouve des éléments marginaux qui ne recherchent plus la justice mais la vengeance. Ce sont ces éléments marginaux que je crains, et non le mouvement dans son ensemble.

Entre l’aspiration à la justice et la soif de vengeance, la frontière est très mince. Aucun mouvement n’est vacciné contre le fanatisme – ni le mouvement politique auquel j’appartiens moi-même, ni le mouvement féministe.

SUR LE BILAN DE SA VIE

Bien sûr, j’ai peur de la mort. J’y pense souvent. Au cours de ma vie j’ai reçu beaucoup de coups, dans le domaine privé comme dans le domaine public. Mais, durant les dizaines d’années de mon existence, j’ai reçu tant de cadeaux: l’amour, les livres, la musique, les lieux… Rien de tout cela ne m’était dû, personne n’a signé de contrat en ma faveur. Je suis éternellement reconnaissant. Je voudrais partir avec le sentiment de n’avoir délibérément blessé personne. J’aimerais croire, en quittant ce monde, que certaines de mes paroles ont pu réconforter des personnes, en déranger ou en ébranler d’autres. Si je sais qu’une petite partie des dizaines de milliers de mots que j’ai écrits a eu une influence sur la vie de quelques personnes, cela me suffit: j’aurai quelque chose à montrer, là-haut, à la porte d’entrée.