Un cri contre le racisme et l'intégrisme

Pétition initiée par

  • Caroline Fourest (essayiste et rédactrice en chef de la revue ProChoix)
  • Corinne Lepage (ancienne ministre et présidente de Cap 21)
  • et Pierre Cassen (Les Amis de Respublica)

Entre autres réactions, cette pétition a provoqué une réaction critique des dirigeants de la Ligue des Droits de l'Homme, sous forme d'une "Tribune" publiée le 16 mai 2006 dans "Libération" sous la signature de Jean-Pierre Dubois (Président de la LDH), Henri Leclerc et Michel Tubiana (Présidents d'honneur de la LDH)

Cette "tribune" a elle-même provoqué en retour une réaction sous forme de "Rebond" en soutien à la pétition initiale, dans "Libération" du 30 mai 2006, sous la signature de Philippe Lamy, Cédric Porin et Antoine Spire, membres du comité central de la Ligue des Droits de l'Homme

Voici l'introduction du texte de la pétition publiée dans "Libération" le 28 avril 2006

Citoyens à la fois opposés au racisme et à l'intégrisme, nous poussons un cri. Depuis le 11 septembre 2001, le débat public semble avoir perdu tous ses repères. Tandis qu'une droite populiste et raciste surfe sur la peur de l'autre et de l'islam (en amalgamant Arabes avec musulmans, musulmans avec intégristes et intégristes avec terroristes), une certaine gauche a abdiqué tout esprit critique face à l'obscurantisme et traite d'«islamophobe» toute personne ayant l'audace de dire non à l'islam politique réactionnaire. Même lorsque cette résistance se fait au nom de l'attachement à la laïcité, à l'égalité hommes-femmes, par refus de l'incitation à la haine sexiste, homophobe ou antisémite. Il faut d'urgence sortir de ce double piège. Et redire, haut et fort, que nous voulons nous battre à la fois contre le racisme et contre l'intégrisme. Tous les racismes (antiarabe comme antijuif, comme antifemme ou antihomosexuel) et tous les intégrismes (de toutes les religions).

La page contenant le texte complet de la pétition, les signataires et la procédure pour signer n'existe plus

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Brèves

Les Israéliens veulent ouvrir un nouveau chapitre de leur vie publique

Par Denis Charbit, Le Figaro, 18/09/2019.

Le verdict des urnes, en Israël, est un désaveu relatif infligé aux méthodes du premier ministre. Il exprime aussi la volonté des Arabes israéliens de participer désormais au processus de décision de l’État hébreu... explique Denis Charbit, maître de conférences en sociologie et science politique à l’université ouverte d’Israël.

... Cette révolution est la traduction politique d’un mouvement de fond qui secoue la nouvelle génération des Arabes d’Israël.

Un ultime enseignement - et non le moindre - de ce scrutin provient du secteur arabe. La première leçon à tirer est que l’unité est payante: la liste arabe unifiée, composée de communistes, d’islamistes et de nationalistes, devrait être la troisième formation politique représentée à la Knesset.

Si un gouvernement d’union Likoud-Bleu et Blanc est finalement constitué, elle sera à la tête de l’opposition, avec tous les droits associés à ce statut. Mais la révolution, de ce côté-là de l’échiquier politique, ne se réduit pas au score ou au statut acquis à la Knesset.

La révolution copernicienne qui s’opère réside dans la détermination proclamée par ses leaders de tester une alliance potentielle avec les partis du centre et de la gauche. Les partis arabes israéliens veulent peser sur les décisions, être des acteurs politiques à part entière et ne plus être voués à incarner une «fonction tribunitienne» chargée de clamer haut et fort leur dissidence politique. Pour y parvenir, ils ne sont pas devenus sionistes et ils ne s’accommodent pas plus de l’occupation de la Cisjordanie. Seulement, ils n’estiment plus devoir opposer une fin de non-recevoir à toute coopération politique.

Cette révolution est la traduction politique d’un mouvement de fond qui secoue la nouvelle génération des Arabes d’Israël. Ils veulent s’intégrer, ils veulent réussir et ils y parviennent par la méritocratie. Ils compensent leur condition de minorité ethnique par leur excellence et leur compétence.

Ils ne veulent plus être une enclave au sein d’un État juif, mais participer de plain-pied aux mutations de la société israélienne. Or, Benyamin Nétanyahou, en personne, n’a eu de cesse, durant toute la campagne, de faire de la population arabe d’Israël un bouc émissaire. Cette demande explicite d’intégrer l’arène politique fait d’une pierre deux coups: cesser cette délégitimation constante de 20 % de la population israélienne et permttre aux partis du centre et de la droite de promouvoir ouvertement une alliance électorale qui fera pendant à l’alliance du Likoud avec les partis religieux orthodoxes ...