Assassinat de Ilan Halimi
communiqué du Cercle Bernard Lazare - Grenoble,
le 25 février 2005

Les dernières informations concernant les tortures mortelles infligées à Ilan Halimi montrent que ce qui a d'abord été présenté comme un fait divers crapuleux est en réalité un meurtre antisémite.

Lors des perquisitions, ont été découverts des documents de soutien au comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens, affilié au Hamas, ainsi que des prescriptions de caractère salafiste, doctrine islamiste fondamentaliste.

Cette idéologie, aujourd'hui meurtrière, nous avons pu en repérer les effets nocifs dans les établissements scolaires. Les intrusions de la politique, voire de la propagande orchestrée, entraînent le développement de comportements d'antisémitisme, de racisme et de sexisme, comme en témoigne l'assassinat de Sohane, brûlée vive.

La lâcheté, le laxisme, l'ignorance, l'indifférence ont laissé se développer une atmosphère délétère aussi bien au sein de l'Ecole que dans la société : en particulier, l'antisémitisme n'est que rarement reconnu ou sanctionné comme tel. L'habitude est de minimiser, voire de dissimuler la dimension antijuive patente de nombreuses conduites, par peur d'être accusé de racisme ou d'islamophobie, ou d'enflammer les banlieues.

L'étonnante indulgence dont ont fait preuve les médias et la justice à l'égard des provocations antijuives de Dieudonné, les relaxes systématiques dont il bénéficie encouragent la banalisation de la haine, les replis communautaristes, et des dérives encore plus graves.

Les appels au meurtre dans le monde arabe, par la télévision, par Internet, bénéficient de relais innombrables dans l'hexagone.

Tous les Français sont concernés. Ils doivent exiger des responsables du gouvernement qu'ils fassent respecter les principes qui sont à la base de la loi républicaine, et prennent des mesures susceptibles d'agir sur le terreau qui donne naissance à cette barbarie.


Brèves

Les Israéliens veulent ouvrir un nouveau chapitre de leur vie publique

Par Denis Charbit, Le Figaro, 18/09/2019.

Le verdict des urnes, en Israël, est un désaveu relatif infligé aux méthodes du premier ministre. Il exprime aussi la volonté des Arabes israéliens de participer désormais au processus de décision de l’État hébreu... explique Denis Charbit, maître de conférences en sociologie et science politique à l’université ouverte d’Israël.

... Cette révolution est la traduction politique d’un mouvement de fond qui secoue la nouvelle génération des Arabes d’Israël.

Un ultime enseignement - et non le moindre - de ce scrutin provient du secteur arabe. La première leçon à tirer est que l’unité est payante: la liste arabe unifiée, composée de communistes, d’islamistes et de nationalistes, devrait être la troisième formation politique représentée à la Knesset.

Si un gouvernement d’union Likoud-Bleu et Blanc est finalement constitué, elle sera à la tête de l’opposition, avec tous les droits associés à ce statut. Mais la révolution, de ce côté-là de l’échiquier politique, ne se réduit pas au score ou au statut acquis à la Knesset.

La révolution copernicienne qui s’opère réside dans la détermination proclamée par ses leaders de tester une alliance potentielle avec les partis du centre et de la gauche. Les partis arabes israéliens veulent peser sur les décisions, être des acteurs politiques à part entière et ne plus être voués à incarner une «fonction tribunitienne» chargée de clamer haut et fort leur dissidence politique. Pour y parvenir, ils ne sont pas devenus sionistes et ils ne s’accommodent pas plus de l’occupation de la Cisjordanie. Seulement, ils n’estiment plus devoir opposer une fin de non-recevoir à toute coopération politique.

Cette révolution est la traduction politique d’un mouvement de fond qui secoue la nouvelle génération des Arabes d’Israël. Ils veulent s’intégrer, ils veulent réussir et ils y parviennent par la méritocratie. Ils compensent leur condition de minorité ethnique par leur excellence et leur compétence.

Ils ne veulent plus être une enclave au sein d’un État juif, mais participer de plain-pied aux mutations de la société israélienne. Or, Benyamin Nétanyahou, en personne, n’a eu de cesse, durant toute la campagne, de faire de la population arabe d’Israël un bouc émissaire. Cette demande explicite d’intégrer l’arène politique fait d’une pierre deux coups: cesser cette délégitimation constante de 20 % de la population israélienne et permttre aux partis du centre et de la droite de promouvoir ouvertement une alliance électorale qui fera pendant à l’alliance du Likoud avec les partis religieux orthodoxes ...