Assassinat de Ilan Halimi
communiqué du Cercle Bernard Lazare - Grenoble,
le 25 février 2005

Les dernières informations concernant les tortures mortelles infligées à Ilan Halimi montrent que ce qui a d'abord été présenté comme un fait divers crapuleux est en réalité un meurtre antisémite.

Lors des perquisitions, ont été découverts des documents de soutien au comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens, affilié au Hamas, ainsi que des prescriptions de caractère salafiste, doctrine islamiste fondamentaliste.

Cette idéologie, aujourd'hui meurtrière, nous avons pu en repérer les effets nocifs dans les établissements scolaires. Les intrusions de la politique, voire de la propagande orchestrée, entraînent le développement de comportements d'antisémitisme, de racisme et de sexisme, comme en témoigne l'assassinat de Sohane, brûlée vive.

La lâcheté, le laxisme, l'ignorance, l'indifférence ont laissé se développer une atmosphère délétère aussi bien au sein de l'Ecole que dans la société : en particulier, l'antisémitisme n'est que rarement reconnu ou sanctionné comme tel. L'habitude est de minimiser, voire de dissimuler la dimension antijuive patente de nombreuses conduites, par peur d'être accusé de racisme ou d'islamophobie, ou d'enflammer les banlieues.

L'étonnante indulgence dont ont fait preuve les médias et la justice à l'égard des provocations antijuives de Dieudonné, les relaxes systématiques dont il bénéficie encouragent la banalisation de la haine, les replis communautaristes, et des dérives encore plus graves.

Les appels au meurtre dans le monde arabe, par la télévision, par Internet, bénéficient de relais innombrables dans l'hexagone.

Tous les Français sont concernés. Ils doivent exiger des responsables du gouvernement qu'ils fassent respecter les principes qui sont à la base de la loi républicaine, et prennent des mesures susceptibles d'agir sur le terreau qui donne naissance à cette barbarie.


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.