Une initiative des magasins Carrefour du Caire

Carrefour ne distribue pas de produits danois
Photo prise au Caire, en Egypte

Boycottage de produits danois : indignation de Philippe Douste-Blazy auprès de Carrefour

PARIS, 8 fév 2006 (AFP) -

Le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a exprimé mercredi son "indignation" auprès du groupe de grande distribution français Carrefour au sujet du boycottage de produits danois dans des magasins de la chaîne au Moyen-Orient. Ce boycottage est intervenu dans le cadre de la polémique sur la publication de caricatures de Mahomet.

M. Douste-Blazy a écrit au président de Carrefour, José Luis Duran, pour déplorer le fait que "des mesures de boycottage" aient "été mises en place contre des produits alimentaires originaires du Danemark à l'initiative des magasins" de son groupe au Moyen-Orient. "Je tiens à vous faire part de mon indignation quant au fait que des produits en provenance d'un pays membre de l'Union européenne aient pu être ainsi retirés de la vente, en manquement au principe de solidarité qui doit naturellement prévaloir entre partenaires européens", écrit le ministre dans ce courrier dont une copie a été transmise à l'AFP.

Un porte-parole de Carrefour a réaffirmé mercredi soir les explications fournies vendredi dernier selon lesquelles les initiatives du franchisé de Carrefour au Moyen-Orient ne dépendaient pas de la direction du groupe Carrefour. Les franchisés à l'étranger sont "libres" de retirer ou non des produits de leurs magasins, a-t-il ajouté en soulignant que cela concernait une faible quantité de produits.

Dans sa lettre, M. Douste-Blazy estime que "ces discriminations sont choquantes", qu'elles sont "à l'opposé de tout ce qui inspire le projet européen" et "ne peuvent que blesser nos partenaires danois qui pourraient s'interroger sur le sérieux et la solidité de notre solidarité". "Je ne doute pas que vous partagez ces convictions et que vous ayez à coeur de témoigner de l'engagement de votre groupe en faveur du respect de ces principes, même au sein de vos magasins franchisés", écrit-il.

Nestlé s'est payé une pleine page de publicité dans un grand journal koweitien pour expliquer que leur produit phare au Machrek (un lait) n'a aucun rapport avec le Danemark.

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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.