Antisionisme primaire (I)

antisionisme

Lorsque Judith put cesser de vivre "incognito", elle pensa qu'elle allait enfin se sentir une petite Française comme les autres

En 1948, elle entra en primaire dans un lycée du centre de la France (ses parents n'étaient pas retournés à Paris après la guerre, il voulaient rester en "zone libre" ! )

L'institutrice s'exerça pendant un trimestre à opérer des variations sur son nom. Enfin, peu avant les vacances de Noël, elle parvint à le prononcer correctement. C'est alors qu'une "grande" de 7ème posa à Judith une question qui semblait lui brûler les lèvres depuis longtemps :

- Pourquoi ne retournes-tu pas dans ton pays ?
- Quel pays ? demanda Judith, qui n'en croyait pas ses oreilles ?
- Mais il y en a un tout neuf pour vous.
- Ah oui ? Lequel ? - La Juifie.

Judith rentra chez elle outrée et rapporta cet étonnant dialogue à des parents

Son père, qui était assez sioniste pour défendre le droit à l'existence d'une terre juive mais pas assez pour s'y installer, expliqua :
- Il faut dire à ta copine que ce nouveau pays n'est pas la Juifie, mais Eretz-Israël.
- Il s'appelle comme tu voudras, mais moi, mon pays c'est ici, trancha Judith.

C'était la première fois que Judith défendait, sans le savoir, une vision diasporique et même "nationalitaire" de la question juive.