Shtil di Nakht (Calme est la nuit)

Shtil di Nakht, Calme est la nuit

Shtil di Nakht est une chanson à la gloire d'une résistante, composée en 1942 par Hirsh Glik (1922-1944),

Né à Vilnius en Lituanie. Hirshke (son surnom) commença à écrire des poèmes à 13 ans, et fut cofondateur d'un groupe de jeunes poètes. Il dut interrompre ses études prématurément faute de moyens, et travailla en usine.
Quand les Allemands occupèrent Vilnius en 1941, il fut capturé et emprisonné, envoyéen camp, puis ramené au ghetto de Vilnius, où il travailla avec le mouvement clandestin FPO (Partisans unis)
En septembre 1943, il fut déporté dans divers camps de concentration en Estonie, d'où il finit par s'échapper en 1944, mais disparut, probablement exécuté dans le voisinage.
Jamais il n'a cessé d'écrire des poèmes.
Le compositeur de la musique est inconnu.

Source : LP CBS Records 63345. Songs of the Vilna Ghetto is a now out-of-print album featuring Yiddish songs from the World War II era. The traditional songs are sung by Nechama Hendel, Chava Alberstein, and Shimon Israeli with accompaniment from the CBS Israel Orchestra and Choir, conducted by Gil Aldema. The recording was prepared by the Yitzhak Kalznelson House of the Ghetto Fighters, at Kibbutz Lochamei Hagetaot, Israel, in co-operation with the Vilna Organisation of Haifa


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.