Journée internationales des femmes
Promotion des femmes et Promotion de la paix au Proche Orient

Samedi 8 mars 2003, journée internationale des femmes

avec Myriam Dagan et Sana'a Watad
de Givat-Haviva (Israël), le Centre judéo-arabe pour la paix, lauréat du prix UNESCO 2001 pour l'éducation à la paix

Rencontre avec deux femmes citoyennes d'Israël, l'une juive, l'autre musulmane : Compte-rendu

En début de journée, un hommage, suivi d'une minute de silence, a été rendu aux deux jeunes israéliens, participant à un projet de Givat Haviva pour la coexistence entre Juifs et Arabes israéliens, tués lors de l'attentat-suicide palestinien ayant pris pour cible un bus de la ville de Haïfa desservant les lycées et les facs.

1. JOURNEE DE LA FEMME

A l'occasion de la Journée de la Femme, le Cercle Bernard-Lazare - Grenoble a accueilli Sana'a Watad et Myriam Dagan de Givat Haviva, Israël. Après leur participation à une rencontre organisée par les Amis de Shalom Akhshav-Paris, Myriam et Sana'a ont participé à deux rencontres grenobloises soutenues par le Cercle Bernard Lazare-Grenoble, l'Ecole de la Paix, SOS-Racisme, le Créarc (Centre de création, de recherche et des cultures), Amal (Association maghrébine et de coopération culturelle), la Ville de Grenoble et le Conseil Général de l'Isère.

A l'Ecole de la Paix, samedi 8 mars 2003 de 11h à 13h, un séminaire de travail avait pour thème " La promotion des femmes, la promotion de la paix, au Proche Orient ". Myriam Dagan et Sanaa Watad étaient invitées à présenter leur travail à Givat Haviva : mise en scène par le théâtre de la situation concrète des femmes dans la société, insertion sociale, formations professionnelles, accompagnements, en vue de l'émancipation les femmes.

Au Petit Théâtre, samedi 8 mars à 18 heures, Myriam et Sana'a participaient à un débat " Femmes citoyennes, arabe et juive en Israël " permettant à un large public une rencontre avec deux femmes citoyennes d'Israël, l'une juive, l'autre musulmane, qui travaillent ensemble pour une compréhension mutuelle des sociétés arabe et juive en Israël, qui luttent pour les droits de l'homme, et pour l'égalité hommes / femmes.


2. GIVAT HAVIVA

Givat Haviva est un centre de documentation, de recherche et d'éducation fondé en 1949 par la fédération des kibboutz Artzi. Le campus se trouve dans la région du Triangle, soit au nord de la plaine du Sharon (à l'est de Hadera, Israël).

Givat Haviva a pour mission de traiter les enjeux majeurs auxquels doit faire face la société israélienne, ainsi que d'encourager et de favoriser les initiatives éducatives et les travaux de recherche et d'intérêt communautaire dans les domaines de la promotion d'une culture de la paix, de la démocratie, de la coexistence, de la tolérance et de la solidarité sociale.

Plus de 50.000 enfants, jeunes et adultes israéliens et étrangers participent chaque année à des séminaires, ateliers, cours, conférences et autres projets organisés par Givat Haviva. Ces évènements se situent dans les champs éducatifs, académiques ou professionnels.

Givat Haviva comprend plusieurs départements. Notamment, fondé en 1963, le Centre judéo-arabe pour la paix est une des plus anciennes et des plus éminentes institutions de ce type. Le lien commun entre toutes les actions menées par le centre est d'une part la lutte pour de meilleures relations entre les citoyens juifs et arabes, une meilleure compréhension des fondements de la démocratie et les droits civiques en Israël, et d'autre part, la construction de 'ponts' avec les voisins arabes de l'état d'Israël. En son sein, nos invitées s'impliquent notamment dans le Département d'Education et le Centre des femmes (Noa et Nuha)

3. LA RENCONTRE

Sana'a et Myriam étaient spécialement conviées à nous présenter leur travail en tant qu'acteurs israéliens du secteur social et de la promotion des femmes. Néanmoins, le public a rapidement orienté le débat sur un terrain plus politique, notamment sur le conflit entre l'Etat d'Israël, les Territoires Palestiniens et le Monde Arabe. On aura pu noter parfois de la part du public une confusion entre citoyens arabes d'Israël et Palestiniens des territoires (qui ont une nationalité jordanienne ou palestinienne), ce qui conduisait à demander à Sana'a de s'exprimer sur l'Autorité Palestinienne. N'habitant pas elle-même dans les territoires et n'étant pas administrée par cette Autorité, Sana'a s'est déclarée plus apte et plus autorisée à discuter de son pays et de son gouvernement, à savoir Israël, et préférait ne pas parler au nom de résidents de la Cisjordanie ou de la Bande de Gaza.

Cela dit, les deux intervenantes reconnaissent que la situation régionale conflictuelle, la campagne sanglante d'attentats--suicides visant des civils israéliens menée par des organisations palestiniennes, la sévérité de la répression israélienne ainsi que la faillite d'une résolution politique du conflit (occupation, dysfonctionnement de l'autorité palestinienne...) ont des répercutions très négatives sur le travail de centres bi-communautaires comme Givat Haviva. Néanmoins, malgré la deuxième Intifada ou la répression militaire de manifestations de citoyens arabes israéliens en faveur de la lutte palestinienne, chacun tente de tenir bon et de garder, au final, le cap de la compréhension mutuelle et de l'intérêt commun, notamment la promotion des femmes pour la promotion de la paix (intérieure et régionale).


4. IMPRESSIONS

La journée s'est déroulée dans une ambiance très sympathique. La venue de deux femmes d'horizons différents oeuvrant côte à côte dans un but commun est très encourageant.
Ce qui frappe sans doute le plus dans le fonctionnement de Givat Haviva, c'est le grand réalisme dont ce centre fait preuve. A l'inverse de micro - communautés mixtes qui constituent plus une curiosité qu'un modèle d'envergure, il semble que Givat Haviva n'exorcise pas les démons en les niant. Tout en ne réglant pas le conflit actuel (interne et extérieur), il s'agit d'un accompagnement digne et perspicace dont le mode de fonctionnement permet de continuer à travailler, malgré tout, y compris dans les situations d'extrêmes tensions et de préparer " les lendemains meilleurs ". Cela constitue vraisemblablement la meilleure façon de VIVRE le conflit.
En outre, le travail de Myriam et Sana'a est très touchant : malgré les inégalités sociales (liés à la dichotomie classique minorité / majorité), ces deux femmes oeuvrent dans une démarche parallèle (plutôt qu'une pseudo-symbiose) sur le chemin commun de l'émancipation des femmes, et dans le but de favoriser la paix et la démocratie nationales et au Proche-Orient.

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