The Atheist and the Bear

An atheist was taking a walk through the woods. What majestic trees! What powerful rivers! What beautiful animals ! he said to himself.

As he was walking alongside the river he heard a rustling in the bushes behind him. He turned to look. He saw a 7 foot grizzly charge towards him. He ran as fast as he could up the path. He looked over his shoulder and saw that the bear was closing in on him. He looked over his shoulder again, and the bear was even closer. His heart was pumping frantically and he tried to run even faster. He tripped and fell on the ground. He rolled over to pick himself up but saw the bear right on top of him, reaching for him with his left paw and using his right paw to strike him.

At that instant the Atheist cried out: Oh my God!...

Time stopped. The bear froze. The forest was silent. As a bright light shone upon the man, a voice came out of the sky : You deny my existence for all of these years, teach others I don't exist, and even credit creation to a cosmic accident. Do you expect me to help you out of this predicament? Am I to count you as a believer ?

The Atheist looked directly into the light : It would be hypocritical of me to suddenly ask You to treat me as a Christian now, but perhaps could you make the Bear a Christian ?

Very well, said the voice. The light went out. And the sounds of the forest resumed.

And then the bear dropped his right paw, brought both paws together and bowed his head and spoke : Lord, Bless this food which I am about to receive and for which I am truly thankful.


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.