[{"data":1,"prerenderedAt":227},["ShallowReactive",2],{"homepage-all":3},{"homepage":4,"events":20,"articles":63,"music":107,"stories":140,"audio":187},{"heroTitle":5,"heroSubtitle":6,"heroButtonText":7,"heroButtonLink":8,"heroPortrait":9,"heroPortraitCaption":14,"missionEyebrow":15,"missionTitle":16,"missionContent":17,"missionCtaText":18,"missionCtaLink":19},"Cercle Bernard Lazare Grenoble","Association culturelle et humaniste de dialogue interculturel et d'engagement pour les droits humains.","Découvrir nos événements","/agendas",{"url":10,"alt":11,"width":12,"height":13},"https://res.cloudinary.com/dlnfr74w6/image/upload/v1773145792/Lazare_bernard01_170798578d.jpg","",372,500,"Bernard Lazare (1865–1903)","Notre mission","Un cercle de pensée et d'action","Le Cercle Bernard Lazare Grenoble est une association qui se réfère à l'œuvre et à l'engagement de **Bernard Lazare** (1865-1903), intellectuel dreyfusard, anarchiste et défenseur de la justice.\n\nNous œuvrons pour le **dialogue interculturel**, la **défense des droits humains** et la **transmission de la mémoire**, à travers des événements culturels, des débats et des rencontres.","Lire nos textes","/textes",{"items":21,"hasUpcoming":62},[22,38,51],{"id":23,"title":24,"slug":25,"description":26,"content":27,"date":28,"endDate":29,"category":30,"location":-1,"image":33,"ticketUrl":29,"price":29,"createdAt":37,"updatedAt":37},"lv3v0s7cmo7qq1ve0hujubwf","Théâtre :  La plus précieuse des marchandises \nde Jean-Claude Grumberg","theatre-la-plus-precieuse-des-marchandises-de-jean-claude-grumberg","Par la compagnie Atheca, Le 12 septembre 2021 à 18h30 à l'ECJ-CCJ","\u003Ch1 class=\"h1title\">Théâtre : \u003Ci> La plus précieuse des marchandises\u003C/i> \u003Cbr>\nde Jean-Claude Grumberg\u003C/h1>\n\u003Cp class=\"p20\">\u003Cb>Par la compagnie Atheca, Le 12 septembre 2021 à 18h30 à l'ECJ-CCJ\u003C/b>\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p18\">\u003Cb>Prix des places : 10 euros. Masque et passe-sanitaire nécessaires\u003C/b>\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p18\">\u003Cb>Réservations requises sur bit.ly/insc-2122 \u003Cbr>\ntél ECJ : 04 76 50 63 46, mail : accueil@ecjgrenoble.org\u003C/b>\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p18\">\u003Cb>- Un conte de Jean-Claude GRUMBERG, \u003Cbr>\n- adapté au théâtre par Françoise SAGE,\u003Cbr>\n- Mis en scène par Philippe GARIN,\u003Cbr>\n- produit par \u003Ca href=\"https://atheca.pagesperso-orange.fr/\"> Atheca \u003C/a>\n\u003C/b>\u003C/p>\n\n\u003Cp class=\"p16\">L’adaptation réalisée est respectueuse de tous les aspects de la narration pour les besoins d’une lecture théâtrale.\nLa théâtralité de la lecture se trouve dans la proposition faite au spectateur d’assister à un enregistrement public du récit.\u003C/p>\n\n\u003Cimg class=\"floatleft\" src=\"/3/24/0/images2021/Precieuse.jpg\" alt=\"atheca au travail\" style=\"width:50%\">\n\u003Cp class=\"p16\">\u003Cb>Un conte\u003C/b>\u003C/p>\n\u003Cp>Il était une fois, dans un grand bois, un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne. Dans ce bois, avec le froid, la faim et la guerre tout autour, pauvre bûcheron est soulagé de n’avoir pas de bouche à nourrir. Pauvre bûcheronne, elle, aurait tant voulu un enfant à chérir ! Désormais, l’âge le lui refuse.\u003Cbr>\nNon loin de leur hutte, passe désormais chaque jour un train de marchandises qui fait rêver pauvre bûcheronne. Ce train lui fera-t-il, aujourd’hui ou demain, offrande de victuailles, de vêtements, d’une de ses précieuses marchandises ? \u003Cbr>\nIl était aussi une fois, un matin dit-on, un homme dans ce train, un parmi tant d’autres, et un petit paquet que cet homme jette par la lucarne du wagon. Ce petit paquet est pour elle, pauvre bûcheronne qui se tient là dans la neige. Enfin ! Un don du Ciel ? Nul ne sait.\nCe qu’on sait, c’est que ce petit paquet va bouleverser la vie de pauvre bûcheronne et de pauvre bûcheron… Et voilà. Pardon ? \u003Cbr>\n\nVous aimeriez connaître la suite ? \u003C/p>\n\u003Cbr class=\"clearall\">\n\u003Cimg class=\"alignimage\" src=\"/logos/cblg-ban.png\" alt=\"logo Cbl-G\" style=\"width:6em; margin-right:1em\">\n\u003Cimg class=\"alignimage\" src=\"/logos/Ecj-Ccj.jpg\" alt=\"logo Ecj-Ccj\" style=\"width:5em; margin-right:1em\">","2021-09-11T03:00:00.000Z",null,{"id":31,"name":32,"slug":32,"description":29,"color":29},"izuv8lyb82yscn0pq6ud13ky","2021",{"url":34,"alt":11,"width":35,"height":36},"https://res.cloudinary.com/dlnfr74w6/image/upload/v1772905952/Precieuse_996eba0d69.jpg",955,1417,"2026-03-07T19:52:34.435Z",{"id":39,"title":40,"slug":41,"description":42,"content":43,"date":44,"endDate":29,"category":45,"location":-1,"image":46,"ticketUrl":29,"price":29,"createdAt":50,"updatedAt":50},"ndqzwstywo8krp69g5zpoiwz","Nouveau concert (différent du premier) de musique judéo-méditerranéenne","nouveau-concert-different-du-premier-de-musique-judeo-mediterraneenne","avec Dafné Kritharas (chant) et Paul Barreyre (guitare) \nle 29 août 2021 à 18h30 au CCJ-ECJ, 4 bis rue de Bains","\u003Ch1 class=\"h1title\">Nouveau concert (différent du premier) \u003Cbr>de musique judéo-méditerranéenne \u003C/h1>\n\u003Cp class=\"p20\">\u003Cb>avec Dafné Kritharas (chant) et Paul Barreyre (guitare)\u003Cbr> \nle 29 août 2021 à 18h30 au CCJ-ECJ, 4 bis rue de Bains\u003C/b>\u003C/p>\n\n\u003Cp class=\"p16\">\u003Cb>Dafné et Paul nous emmèneront dans les mondes sépharades méditerrannéens, de « Rhodes à Tanger »\u003C/b>\u003C/p>\n\n\u003Cp class=\"p16\">Bercée dans sa jeunesse par les chants judéo-espagnols et les Rebetika,\u003Cbr> \nDafné trouve son inspiration au carrefour de l’orient et de l’occident. \u003Cbr> \nElle parcourt les Balkans, la Grèce et la Turquie avec le guitariste Paul Barreyre.\u003Cbr> \nElle interprète des chants judéo-espagnols, grecs et d'Afrique du nord. \u003Cbr>\n\u003C/p>\n\n\u003Cp class=\"p20\">\u003Cb>Prix des places : 10 euros\u003C/b>\u003C/p>\n\n\u003Cp class=\"p20\">S'inscrire auprès de Régine au \u003Cb style=\"color:blue;\">06 08 66 90 18 \u003C/b>\u003C/p>\n\n\u003Cp>\u003C/p>\n\u003Cfigure>\n \u003Cimg src=\"/3/24/0/images2021/Dafné&amp;Paul.jpg\" alt=\"Affiche Dafné et Paul\" style=\"width:100%\">\n \u003Cfigcaption class=\"p16\"> 5 planètes \u003C/figcaption>\n\u003C/figure>","2021-08-28T03:00:00.000Z",{"id":31,"name":32,"slug":32,"description":29,"color":29},{"url":47,"alt":11,"width":48,"height":49},"https://res.cloudinary.com/dlnfr74w6/image/upload/v1772905966/Dafne_and_Paul_bc408d6a5d.jpg",1145,642,"2026-03-07T19:52:49.268Z",{"id":52,"title":53,"slug":54,"description":55,"content":56,"date":57,"endDate":29,"category":58,"location":-1,"image":59,"ticketUrl":29,"price":29,"createdAt":61,"updatedAt":61},"kfgmtgwj2gq0lp00m47outi4","Concert de musique judéo-méditerranéenne","concert-de-musique-judeo-mediterraneenne","avec Dafné Kritharas (chant) et Paul Barreyre (guitare) \nle 20 juin 2021 à 18h00 au CCJ-ECJ, 4 bis rue de Bains","\u003Ch1 class=\"h1title\">Concert de musique judéo-méditerranéenne \u003C/h1>\n\u003Cp class=\"p20\">\u003Cb>avec Dafné Kritharas (chant) et Paul Barreyre (guitare)\u003Cbr> \nle 20 juin 2021 à 18h00 au CCJ-ECJ, 4 bis rue de Bains\u003C/b>\u003C/p>\n\n\u003Cp class=\"p16\">\u003Cb>Dafné et Paul nous emmèneront dans les mondes sépharades méditerrannéens\u003C/b>\u003C/p>\n\n\u003Cp class=\"p16\">Bercée dans sa jeunesse par les chants judéo-espagnols et les Rebetika,\u003Cbr> \nDafné trouve son inspiration au carrefour de l’orient et de l’occident. \u003Cbr> \nElle parcourt les Balkans, la Grèce et la Turquie avec le guitariste Paul Barreyre.\u003Cbr> \nElle interprète des chants judéo-espagnols, grecs et des Balkans \u003Cbr>\nissus de son premier album «Djoyas De Mar»(2018) et de son nouvel opus «Varka (2021)».\u003C/p>\n\n\u003Cp class=\"p20\">\u003Cb>Prix des places : 10 euros\u003C/b>\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli class=\"p20\" style=\"color:red\">\u003Cb>Il est nécessaire de s’inscrire à l’avance : \u003C/b>\u003C/li>\n\u003Cli class=\"p20\">soit en ligne ici : \u003Ca href=\"https://www.weezevent.com/inscriptions-saison-2021-22\"> \u003Cb style=\"color:blue\"> bit.ly/3zlzDdI \u003C/b>\u003C/a> \u003C/li>\t\n\u003Cli class=\"p20\">soit auprès de Régine au \u003Cb style=\"color:blue;\">06 08 66 90 18 \u003C/b>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003C/p>\n\u003Cfigure>\n \u003Cimg src=\"/3/24/0/images2021/Dafné&amp;Paul.jpg\" alt=\"Affiche Dafné et Paul\" style=\"width:100%\">\n \u003Cfigcaption class=\"p16\"> 5 planètes 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Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.\u003C/p>\n\n\u003Cp>Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.\u003C/p>\n\n\u003Cp>Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté ! \u003C/p>\n\n\u003Cp>Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire. \u003C/p>",{"id":71,"name":72,"bio":29,"avatar":-1},"nrsgwm71egjblyw5hle64cch","Catherine Kintzler","2019-04-15T15:00:00.000Z",{"id":75,"name":76,"slug":76,"description":29,"color":29},"xxvcmvpm5jlxk84htuk09su0","2019","2026-03-07T19:45:08.196Z","2026-03-08T20:08:32.115Z",{"id":80,"slug":81,"title":82,"excerpt":83,"content":84,"author":85,"date":88,"category":89,"image":-1,"tags":29,"createdAt":90,"updatedAt":91},"tb9wknw1groapezt3rzuee4c","ce-qu-est-vraiment-un-dictateur","Ce qu'est vraiment un dictateur","par Kamel Daoud","\u003Ch1 class=\"h1title\">Ce qu'est vraiment un dictateur\u003C/h1>\n\u003Cp>\u003Cb>par Kamel Daoud\u003C/b>\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cb>Le Point\u003C/b>, 18 janvier 2019\u003C/p>\n\n\u003Cp>De \"dictature\" à \"violence policière\", les gilets jaunes convoquent des termes qu'il est urgent de redéfinir.\u003C/p>\n\n\u003Cp>Les Français le savent-ils tous ? Si leur pays bascule dans le chaos, la radicalité, c'est que tout est permis ailleurs. C'est le quitus rêvé pour les populismes en Occident. Il faut espérer que cela ne se passe pas ainsi. Et, pour espérer, il faut au moins corriger le sens des mots. Ceux de la presse, des médias. A lire les titres et l'usage que l'on fait de la langue, on déchiffre presque un espoir malsain de voir s'écrouler un pays comme pour justifier, rétrospectivement, une titraille.\u003C/p>\n\n\u003Cp>Quelques mots sont à redéfinir d'urgence pour recouvrer la mesure. \"Dictature\", d'abord, utilisé à l'intention du macronisme. Certains oublient donc ce qu'est un dictateur. La littérature en a adouci le mystère brutal, le reportage en a fait un \"sujet\" exotique, les années 1970 étant un souvenir, on en parle aujourd'hui avec une dangereuse négligence. Un dictateur, c'est un homme qui prend le pouvoir à lavie à la mort. qui tue la moitié de son peuple pour gouvernerl'autre moitié agenouillée, qui a des prisons secrètes,une police secrète, une humeur secrète. Il est sanguinaire, fantasque, assassin. Il adore faire du pays une photo de lui-même. Il aime la parade et le portrait géant. Le confort étant un abrègement inévitable de la mémoire, on semble avoir oublié ce qu'est un dictateur, et on le voit partout, dans la presse et la parade.\u003C/p>\n\n\u003Cp>\"Violences policières\". C'est l'usage que l'on fait de la police pour protéger un dictateur. ses proces, ses biens. C'est synonyme de sang, blessés graves, morts quotidiens, \"disparitions\" et procès de minuit. C'est loin de définir des heurts entre manifestants et policiers à Paris ou à Bordeaux.\u003C/p>\n\n\u003Cp>\"Guerre\". C'est un souvenir terrible, une divinité qui boit du sang, pas un jeu de mots. Une guerre tue, par milliers, par millions. C'est la perte de la maison, du sens, de l'humain, du pays, de la dignté. Ce n'est pas un échange de cailloux et de lacrymogènes. Il faut laisser se reposer les mors et la mémoire. il ne faut pas les convoquer pourhabiller ses démesures.\u003C/p>\n\n\u003Cp>\"Résistance\". Ce mot, en France, a une mémoire. Ce n'est pas un sticker jaune qu'on appose sur un bocal, un front ou un gilet. On peut faire de la résistance, mais pas se faire passer pour elle.\u003C/p>\n\n\u003Cp>\"Décapitation\", \"Monarchie\", \"Bastille\", \"Roi\". On a suivi, dans le reste du monde, ce remake faiblard et artificiel de la révolution française dans la France des intox. Plus proche de la redéfinition de l'oedipe que de la vrai révolution. Ici, avec ces mots, certains veulent \"tuer\" le père, épouser la mère et errer, aveugles et coupables.\u003C/p>\n\n\u003Cp>\"Printemps européen\". Ou français. Irrespectueux pour les égyptiens, Syriens, Tunisiens, Ukrainiens qui sont morts sous les sabots, les avions russes en Syrie ou les tirs de snipers au Caire\nUn \"printemps\" est une chose sérieuse, espérée une vie durant, payée chèrement : c'est se soulever contre un dictateur pour atteidre la liberté et pas seulement la détaxe, la dignité. On y voit de la colère, pas de la haine de l'ordre. On y crie liberté, pas anarchie. On y rêve d'urnes, d'élections propres, de démocratie et de presse indépendante.\u003C/p>\n\n\u003Cp>\"Répression\". Cela arrive de nuit. Vous êtes dans votre maison et on vous arrête - cagoule, menottes, cellule secrète, torture et PV à signer sous la menace de cables électriques nus. Votre famille ne sait pas où vous êtes, et votre vie dépend d'une ONG qui se bat pour vous en Europe. Votre corps devient un délateur contre votre âme, vous perdez vos dents et votre dignité. La fosse sera votre rêve nocturne et quand vous êtes libre, vous ne pouvez rien saisir de vos mains sans gémir et recompter vos doigts. Cela ne se passe pas ainsi à Paris. \u003C/p>\n\n\u003Cp>Tout cela pour revenir par des mots sur les mots. Ils sont dangereux. \"Gazer\" en est un de plus qu'il faut redéfinir avec précaution. Si, en France, on commence à abuser jusqu'au ridicule des mots \"dictature\" et\"répression\", que va-t-il nous rester à nous, au Sud, comme mots pour parler de nos sorts ?\u003C/p>",{"id":86,"name":87,"bio":29,"avatar":-1},"oupd0gbfmpg20l5k6fr47431","Kamel Daoud","2019-01-17T14:00:00.000Z",{"id":75,"name":76,"slug":76,"description":29,"color":29},"2026-03-07T19:45:11.481Z","2026-03-08T20:08:34.366Z",{"id":93,"slug":94,"title":95,"excerpt":96,"content":97,"author":98,"date":101,"category":102,"image":-1,"tags":29,"createdAt":105,"updatedAt":106},"cf39y5fggzccv0ys98pu09sc","le-president-s-est-abime","Le président s'est abimé.","Denis Peschanski, 9 novembre 2018","\u003Ch1 class=\"h1title\"> Le président s'est abimé.\u003C/h1>\n\u003Cp>Denis Peschanski, 9 novembre 2018\u003C/p>\n\u003Cdiv class=\"oneline\">\u003C/div>\n\u003Cp class=\"p21\">Le président s'est abimé.\u003C/p>\n\u003Cp>Il est étonnant qu'un président qui a accompagné Ricoeur dans son ouvrage sur l'histoire et la mémoire ait pu ainsi se tromper sur la bonne attitude à tenir. Je m'y attarde car ce qu'il a fait il y a deux jours était déjà dans le programme initial des commémorations et des hommages annoncé à la mi-octobre avant qu'une première intervention ait permis d'en faire un quasi non événement puisqu'il n'existait plus. Puis il a remis le couvert. Avec des conséquences qui, pourtant, se sont fait sentir immédiatement et qui ont été exactement celles qui étaient annoncées.\u003C/p>\n\u003Cp>Reprenons quelques arguments :\n\u003C/p>\u003Cul>\n\u003Cli> Il est toujours compliqué de faire l'impasse sur l'itinéraire complet d'un individu.\u003C/li>\n\u003Cli> A la Libération, l'individu a non seulement été condamné à mort (peine commuée) mais aussi à la dégradation nationale, dont celle de tous ses titres.\u003C/li>\n\u003Cli> Depuis très longtemps, la mémoire de la guerre de 14 c'est la mémoire des combattants. On rend hommage aux soldats de base comme aux chefs, mais dans un ensemble volontairement indifférencié. Ironiquement on rappellera que Pétain lui-même, enterré, on le sait, à l'Île d'Yeu, souhaitait rejoindre ses hommes à Douaumont.\u003C/li>\n\u003Cli> Dire qu'il fut un héros de la guerre de la Première Guerre ne peut vraiment plaider en sa faveur car c'est justement ce souvenir-là qui lui a permis de tromper largement les Français sur le sens de sa politique dite de Révolution nationale et sur le choix de la Collaboration.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Mais l'essentiel est ailleurs. On en trouve trace dans la référence qui est faite par De Gaulle lui-même en 1966 à Pétain, lors d'une cérémonie à Douaumont, et en 1968 aux 8 maréchaux, dont Pétain lui-même. Déjà De Gaulle est De Gaulle et, justement, il a construit sa légitimité contre celle affirmée de Pétain en 1940. En outre il faut écouter ces discours qui ne se résument pas à cela. \u003C/p>\nMais surtout il y a un point de politique publique et un autre de politique mémorielle à retenir :\n\u003Cul>\n\u003Cli> Jamais De Gaulle n'aurait accepté de se faire imposer un tel hommage par une partie de la hiérarchie militaire. Or c'est à elle qu'on doit la volonté affirmée et réaffirmée d'un tel hommage.\u003C/li>\n\u003Cli> Plus encore, le président est passé à côté d'une évidence: la mémoire évolue dans l'histoire. Telle est le cas de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, la figure de la victime juive et la figure du résistant sont structurantes de la mémoire collective des Français, comme l'est la figure négative de Vichy. Tel est ce que j'appelle un régime mémoriel, sorte de configuration mémorielle qui se stabilise dans une certaine durée autour d'un grand récit largement partagé. Bien évidemment, le régime mémoriel d'aujourd'hui est très éloigné du régime mémoriel à l'oeuvre dans la deuxième moitié des années 1960. Le régime de Vichy était loin d'être au coeur de la mémoire française de la Seconde Guerre mondiale et la figure de Pétain était loin d'être unanimement noire, et surtout tachée comme elle l'est aujourd'hui par le choix assumé d'exclure les Juifs par le statut des Juifs, statut durci de sa main et, plus encore, d'accepter de cogérer l'organisation de la déportation des Juifs de France à partir du printemps 1942.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Pour avoir oublié curieusement la singularité des mécanismes mémoriels et pour avoir cédé à des hiérarques militaires qu'il avait souhaité, dans un premier temps, remettre à leur place, le président a fauté.\u003C/p>",{"id":99,"name":100,"bio":29,"avatar":-1},"t7ra9w9k26wsgmjzwkg6kjvw","Denis Peschanski","2018-11-08T14:00:00.000Z",{"id":103,"name":104,"slug":104,"description":29,"color":29},"fvoj91y1qkpmjx0lqs1h2siq","2018","2026-03-07T19:45:30.960Z","2026-03-08T20:08:47.922Z",[108,122,130],{"id":109,"title":110,"slug":111,"description":112,"artist":113,"image":-1,"recordingUrl":-1,"videoUrl":114,"category":115,"musicCategory":116,"createdAt":120,"updatedAt":121},"whk4fjtdfiyjgj66jxi9qd9g","Schubert - String quartet D.810 - Amadeus SQ 1953","schubert-string-quartet-d-810-amadeus-sq-1953","Bonjour,\nbien avant Diasporim zinger, j'ai fait mes armes de chef de choeur au SIM (aujourd'hui CRI) Jean Wiener, école de musique du sud de l'agglomération (Echirolles, Pont de Claix et autres), dont j'ai dirigé l'une des deux chorales, la Chorale Jean Wiener de 1982 à 1988. Le fondateur et directeur du SIM, Michel Cukier, était (est !) un musicien extraordinaire avec qui je suis rapidement devenu ami.\nMichel, compositeur, directeur, pianiste (et fils de Simon Cukier, ancien dirigeant de la MOI...","Yves Markowicz","https://www.youtube.com/watch?v=pfqBHzNWVbY",{"id":11,"name":11,"slug":11},{"id":117,"name":118,"slug":119},"tp0hd8meiugk3bpslc1q58fv","Musique en temps de confinement","musique-en-temps-de-confinement","2026-03-10T11:48:31.111Z","2026-03-10T12:52:59.772Z",{"id":123,"title":124,"slug":125,"description":126,"artist":113,"image":-1,"recordingUrl":-1,"videoUrl":127,"category":128,"musicCategory":-1,"createdAt":129,"updatedAt":129},"vmfbuem3h7z5iu1yfmpwn43p","Cecilia Bartoli: The complete Chants populaires (Ravel)","cecilia-bartoli-the-complete-chants-populaires-ravel","Bonjour,\nc'est mardi, c'est Diasporim. Alors, place à la musique juive d'un de mes compositeurs préférés, le grand Maurice Ravel, avec le célébrissime Kaddish et L'énigme éternelle par la grande, la sublime Ceclia Bartoli, \nCecilia Bartoli; Deux Mélodies Hébraïques; Maurice Ravel \nmais aussi 4 chansons populaires dont une mélodie hébraïque, Meyerke, main Suhn","https://www.youtube.com/watch?v=5P2y7GVMTEY",{"id":11,"name":11,"slug":11},"2026-03-10T11:48:28.038Z",{"id":131,"title":132,"slug":133,"description":134,"artist":113,"image":-1,"recordingUrl":-1,"videoUrl":135,"category":136,"musicCategory":137,"createdAt":138,"updatedAt":139},"aq98g6640lh9d3f8gzus7cyg","Cecilia Bartoli; Deux Mélodies Hébraïques; Maurice Ravel","cecilia-bartoli-deux-melodies-hebraiques-maurice-ravel","Bonjour,\nc'est mardi, c'est Diasporim. 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Au faît, Emmanuel est un \"ortho\" : \nil est pratiquant, il mange casher. \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">La mère de Judith et Esther passa une nuit blanche. Elle avait oublié depuis longtemps les règles de la casheroute. \nAux premières heures de l'aube, elle commença à retrouver la mémoire - deux vaisselles, il me faut deux vaisselles neuves, \nune pour les laitages et l'autre pour la viande, se dit-elle.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Mais, au fait, où acheter de la viande casher ? \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Le boucher juif à ne passait qu'une fois par semaine : le jeudi (le reste du temps il était installé à Vichy, \nhistoire de rendre la ville à peu plus casher après tout ce qui s'était passé là-bas). Donc, trop tard pour la viande. \nTant mieux ! Une vaisselle suffira, pensa la mère de Judith, qui ne trouvait toujours pas le sommeil. \nAlors je ferai des crudités, du poisson et des laitages. Mais il faut que j'achète des poissons avec écailles et nageoires, \nles autres ne sont pas cashers.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">La pauvre femme finit par s'endormir pendant une heure ; mais elle fit un cauchemar. \nElle rêva qu'elle avait acheté une anguille et s'apercevait, juste avant de servir, que la bestiole n'avait pas la tenue de rigueur.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Dès que le réveil sonna, elle commença à cashériser sa maison. Elle jeta par dessus bord le saucisson pur porc, \nles escargots et les moules congelés. Puis elle passa aux conserves : adieux lentilles au petit salé, raviolis au porc et choucroute alsacienne... \nEn début d'après-midi, il n'y avait plus une miette de nourriture interdite dans les placards.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Ce travail terminé, elle courut acheter des assiettes, des couverts, des casseroles, des poêles à frire.  \nBrusquement elle se rendit compte qu'il était l'heure d'aller attendre Esther et Emmanuel. \nElle rangea précipitamment sa nouvelle batterie de cuisine et partit pour la gare.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Esther fit les présentations. La future belle-mère se sentait assez gauche face à ce jeune homme \ndont la chevelure sombre disparaissait en partie sous une kippa noire.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Les jeunes gens décidèrent de faire le tour de la ville, avant shabbat. Esther voulait montrer à Emmanuel les lieux où elle avait grandi.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Pendant ce temps-là, notre mère juive ce débattait toujours avec la casheroute. \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Le mari de ma fille aînée n'a peut-être pas grand-chose de juif, mais parfois cela simplifie la vie, pensait-elle \ntout en n'étant pas très fière de ces pensées. Et de courir de l'épicerie à la laiterie et de la laiterie à la poissonnerie. \nElle décida d'acheter des truites ; avant de passer à la caisse, elle vérifia qu'elles avaient bien l'anatomie exigée, puis elle se précipita dans sa cuisine.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Elle venait d'achever ses préparatifs lorsque toute la famille arriva. Judith et Xavier, qui vivaient à présent à l'autre bout de la France, \nétaient de passage pour le week-end. Le futur gendre de la famille Kippa et le gendre de la famille Jaquette se dévisagèrent avec étonnement.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">On s'installa dans la salle à manger. La pièce n'était éclairée que par deux chandeliers \n(c'était l'un des rares éléments du rituel de shabbat qui subsistait dans la famille) et par une petite lampe posée sur le piano.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Je vais allumer le plafonner, dit le père de Judith (qui, cette fois, avait oublié ses classiques). Il va bientôt faire nuit.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Surtout pas, intervint Emmanuel. N'allumez pas, c'est déjà shabbat : on ne doit plus modifier l'ordre du monde.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Ca commence bien, pensa la mère de Judith, on va dîner dans la pénombre. Pourvu que je ne me sois pas trompée dans mon menu. \nComme l'entrée ne posa aucun problème, elle se détendit un peu. Puis elle servit les truites, qui sortaient d'une poêle à frire neuve, \navec des pommes de terre cuites dans une casserole tout aussi neuve.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Emmanuel avala une première bouchée et fit des compliments à la cuisinière.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Délicieuse cette truite \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Ce sont des truites très fraîches, précisa la yiddishe mame, je les ai achetées en fin d'après-midi ; \non m'a dit qu'elles venaient juste d'arriver.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- En fin d'après midi ? murmura Emmanuel, dont la fourchette s'immobilisa en l'air.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Oui... Pourquoi ? articula la pauvre femme qui pressentait une catastrophe\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- A cause de shabbat.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Mais il ne faisait pas nuit. Shabbat commence à la tombée de la nuit.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Shabbat commence une heure avant la tombée de la nuit, expliqua Emmanuel. Ces truites ont probablement été achetées à shabbat et cuites à shabbat. \nElles ont peut-être même été pêchées à shabbat. Je ne peux pas les manger.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Et voilà !, se dit Judith, on a toujours des problèmes avec les poissons dans la famille\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Comme il régnait dans la pièce un silence consterné, elle tenta de sauver la situation.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Je vais sortir le fromage du réfrigérateur.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Il y a une lampe dans le réfrigérateur, n'est-ce pas ? Et elle s'allume lorsqu'on ouvre la porte ? demanda Emmanuel.\n\u003C/p>\u003Cp class=\"p21\">- Oui, bien sûr dit Judith.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- On aurait dû retirer cette lampe avant shabbat, je n'y ai pas pensé. Alors, surtout n'ouvrez pas le réfrigérateur pour moi !\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Bref, ce soir là, Emmanuel ne mangea plus rien. Cela ne l'empêcha pas d'épouser Esther quelques mois plus tard.\u003C/p>",{"id":11,"name":11},"2026-03-09T16:35:03.547Z",{"url":150,"alt":11,"width":151,"height":152},"https://res.cloudinary.com/dlnfr74w6/image/upload/v1772905480/truite_0ef210cc69.jpg",216,433,{"id":154,"name":155,"slug":156},"cvc99wn4cvp2pn5nrw460sl7","Judith","judith","2026-03-07T19:44:42.065Z","2026-03-09T16:35:01.962Z",{"id":160,"title":161,"slug":162,"excerpt":163,"content":164,"author":165,"publishedAt":166,"image":167,"storyCategory":170,"createdAt":171,"updatedAt":172},"c8ejbih5mrt956q92v477msf","La carpe","la-carpe","Judith se sentait grande, elle venait d'entrer en quatrième.","\u003Ch1 class=\"h1title\"> \u003Ci>La carpe\u003C/i>\u003C/h1>\n\u003Cdiv class=\"twolines\">\u003C/div>\n\u003Cimg src=\"/7/1/0/Images/carpe.jpg\" alt=\"la carpe\">\n\u003Cp class=\"p21\">Judith se sentait grande, elle venait d'entrer en quatrième.\u003C/p> \n\u003Cp class=\"p21\">En sortant du lycée, ce jour-là, elle se disait qu'une fois de plus elle serait obligée d'être absente en tout début d'année scolaire. La fête de Yom Kippour approchait et à cette occasion il n'était pas question d'aller en cours.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Elle passait la journée rue des Quatre Passeports avec ses parents et sa soeur. La rue des Quatre Passeports était une ruelle sombre où se cachait la synagogue. Un nom génial pour un lieu qui accueillait des gens venus des quatre coins du monde, se disait Judith.\u003C/p> \n\u003Cp class=\"p21\">Son père, comme chaque année, ferait une lettre pour la surveillante générale. Il lui demanderait de bien vouloir excuser sa fille Judith, incommodée, pendant une journée, par une violente migraine.\u003C/p> \n\u003Cp class=\"p21\">- Au lycée, ils n'ont pas besoin de savoir, disait son père, Juif devenu discret pour cause de génocide.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Donc, chaque année au début du premier trimestre, Judith avait une migraine. Parfois elle avait même deux migraines à dix jours d'intervalle, lorsque Roch Hachana et Kippour, les deux grandes fêtes juives d'automne, tombaientt après la rentrée des classes.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Judith n'aimait pas être absente. Le lycée était le seul endroit où elle se sentait bien, où elle pouvait échapper à sa famille pour laquelle, dix ans après la Libération, la guerre n'était toujours pas finie.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Tandis qu'elle attendait le tramway, Judith songeait à cette nouvelle année scolaire. Serait elle aussi bonne que la précédente ? Elle avait déjà oublié sa place de dernière en couture et d'avant dernière en gymnastique. (Comment font-elles, toutes ces filles, pour monter si facilement à la corde lisse ? se demandait-elle parfois. Et après tout, pourquoi faudrait-il monter à la corde lisse ? Descendre, à la rigueur, s'il y a le feu ou à nouveau des nazis. Mais monter ...).\u003C/p> \n\u003Cp class=\"p21\">L'arrivée du tramway la tira de sa perplexité. Décidément, c'était l'automne, on avait enlevé la “baladeuse”, sans porte ni fenêtre, que l'on accrochait en guise de dernier wagon durant les beaux jours.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Elle s'assit près d'une fenêtre et vit avec agacement s'installer à côté d'elle Bernadette Dupuis, une pimbêche qui, elle, avait des parents nés en France et même quatre grands-parents vivants : un luxe !\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Tu as fait ton latin pour demain  ? demanda la pimbêche.\u003Cbr>\n- Oui, oui ; c'est facile.\u003Cbr>\n- Tu trouves ? s'étonna Bernadette.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Judith était prête à expliquer pourquoi elle préférait Cicéron à César lorsque ses mots se coincèrent dans sa gorge. Par la fenêtre, elle venait de voir sa mère qui montait dans le tramway. Il était évident qu'elle allait venir s'asseoir en face d'elle, et  la pimbêche s'apercevrait alors que la mère de la vedette des cours de latin avait un curieux accent étranger.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Tu es déjà sortie du lycée, ma chérie ? entendit Judith \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Elle fit les présentations.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Ma fille m'a parlé de vous, dit à Bernadette la mère de Judith, tout en posant à ses pieds son cabas noir.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Tout à coup, Judith regarda avec anxiété le cabas noir. Mon Dieu, pria-t-elle, faites que je me trompe. \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Le cabas bougeait. Ou plutôt, non, il ne bougeait pas, il se tortillait, il frétillait. D'un seul coup d'oeil, Judith avait compris la situation.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">La veille du jeûne de Kippour, le repas du soir comportait toujours de la carpe farcie. Judith n'avait jamais accepté cette coutume de sauvages qui régnait dans sa famille : pourquoi fallait-il que la carpe farcie arrivât à la maison toute frétillante de vie ? Pourquoi ne pouvait-elle arriver morte, complètement morte, crevée, quoi ? \u003C/p> \n\u003Cp class=\"p21\">Chaque année, les carpes débarquaient avant Kippour, et souvent avant Roch Hachana ; elles s'installaient dans la salle de bains et nageaient dans la baignoire. Judith n'avait jamais parlé des carpes au lycée ; tout, mais pas les carpes ! Or, elle était là, la carpe ! Dans le tramway ! Pourvu que la pimbêche ne s'aperçoive de rien ! \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Judith fit un signe discret à sa mère, elle voulait lui dire de veiller sur le cabas.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Trop tard ! Vision d'horreur ! La carpe, d'un coup de rein énergique, avait jailli hors du cabas. Ce fut alors une mêlée inextricable, pire qu'au rugby !\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">- Je la tiens ! cria un homme \u003Cbr>\n- Donnez, donnez, disait la mère de Judith.\u003Cbr>\n- Ah ! Elle m'a glissé des mains, la garce.\u003Cbr>\n- Attention à la porte ! hurla une femme. Elle va sauter dans la rue !\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">La mère de Judith avait disparu dans la mêlée. La pimbêche ouvrait la bouche et regardait Judith, incrédule. Judith était muette (mais pas comme une carpe ; non, pas comme une carpe !). Tout le monde au lycée allait savoir.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Brusquement, sa mère réapparut triomphante, le poing levé. \u003Cbr>\n- Ca y est ! Je l'ai ! \u003Cbr>\n- On descend là, dit Judith \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">Sa mère se demanda longtemps pourquoi elle avait dû quitter le tramway bien avant l'arrêt habituel.\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">La carpe plongea avec délice dans la baignoire, et Judith eut la migraine trois jours de suite, cette année-là.\u003C/p>",{"id":11,"name":11},"2026-03-09T16:35:00.296Z",{"url":168,"alt":11,"width":151,"height":169},"https://res.cloudinary.com/dlnfr74w6/image/upload/v1772905470/carpe_5368323285.jpg",226,{"id":154,"name":155,"slug":156},"2026-03-07T19:44:31.868Z","2026-03-09T16:34:58.922Z",{"id":174,"title":175,"slug":176,"excerpt":177,"content":178,"author":179,"publishedAt":180,"image":181,"storyCategory":184,"createdAt":185,"updatedAt":186},"j09g4b6lx9is0na3krt26g9p","Antisionisme primaire (I)","antisionisme-primaire-i","Lorsque Judith put cesser de vivre \"incognito\", elle pensa qu'elle allait enfin se sentir une petite Française comme les autres","\u003Ch1 class=\"h1title\"> \u003Ci>Antisionisme primaire (I)\u003C/i>\u003C/h1>\n\u003Cdiv class=\"twolines\">\u003C/div>\n\u003Cimg src=\"/7/1/0/Images/antisionisme.jpg\" alt=\"antisionisme\"> \n\u003Cp class=\"p21\">Lorsque Judith put cesser de vivre \"incognito\", elle pensa qu'elle allait enfin se sentir une petite Française comme les autres\u003C/p> \n\u003Cp class=\"p21\">En 1948, elle entra en primaire dans un lycée du centre de la France (ses parents n'étaient pas retournés à Paris après la guerre, il voulaient rester en \"zone libre\" ! )\u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\"> L'institutrice s'exerça pendant un trimestre à opérer des variations sur son nom. Enfin, peu avant les vacances de Noël, elle parvint à le prononcer correctement. C'est alors qu'une \"grande\" de 7ème posa à Judith une question qui semblait lui brûler les lèvres depuis longtemps : \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\"> - Pourquoi ne retournes-tu pas dans ton pays ? \u003Cbr>\n- Quel pays ? demanda Judith, qui n'en croyait pas ses oreilles ? \u003Cbr>\n- Mais il y en a un tout neuf pour vous. \u003Cbr>\n- Ah oui ? Lequel ?\n- La Juifie. \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\"> Judith rentra chez elle outrée et rapporta cet étonnant dialogue à des parents \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\"> Son père, qui était assez sioniste pour défendre le droit à l'existence d'une terre juive mais pas assez pour s'y installer, expliqua : \u003Cbr>\n- Il faut dire à ta copine que ce nouveau pays n'est pas la Juifie, mais Eretz-Israël. \u003Cbr>\n- Il s'appelle comme tu voudras, mais moi, mon pays c'est ici, trancha Judith. \u003C/p>\n\u003Cp class=\"p21\">C'était la première fois que Judith défendait, sans le savoir, une vision diasporique et même \"nationalitaire\" de la question juive. \u003C/p>",{"id":11,"name":11},"2026-03-09T16:34:57.161Z",{"url":182,"alt":11,"width":151,"height":183},"https://res.cloudinary.com/dlnfr74w6/image/upload/v1772905463/antisionisme_225f608d2b.jpg",231,{"id":154,"name":155,"slug":156},"2026-03-07T19:44:24.686Z","2026-03-09T16:34:55.605Z",[188,205,216],{"id":189,"title":190,"slug":191,"description":11,"audioUrl":192,"duration":29,"publishedAt":193,"category":194,"audioContentCategory":198,"image":-1,"transcript":202,"createdAt":203,"updatedAt":204},"nb4qhzits9or6kleohzzja66","Université d'été Yiddish 2011 de Bruxelles, II, 30 janvier 2012","universite-d-ete-yiddish-2011-de-bruxelles-ii-30-janvier-2012","https://res.cloudinary.com/dlnfr74w6/video/upload/v1772908209/py120130_c1855a1052.mp3","2026-03-10T12:28:24.419Z",{"id":195,"name":196,"slug":197,"description":29,"color":29},"bt47s16m1xsqh5ot2v51zbai","Emissions de radio","emissions-de-radio",{"id":199,"name":200,"slug":201},"niqc30y1d95stq5atrz2g3li","Emissions Parole yiddish","parole-yiddish","\u003Ch2 class=\"h2emph\">\u003Ci>Université d'été Yiddish 2011 de Bruxelles, II\u003C/i>, 30 janvier 2012\u003C/h2>\n\u003Cdiv class=\"twolines\"> \u003C/div>  \n\u003Caudio controls=\"controls\" preload=\"auto\">\n  \u003Csource src=\"/sons/py120130.ogg\" type=\"audio/ogg\">\n  \u003Csource src=\"/sons/py120130.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n\tYour browser does not support the audio element.\n\u003C/audio>","2026-03-07T20:30:12.322Z","2026-03-10T12:28:22.918Z",{"id":206,"title":207,"slug":208,"description":11,"audioUrl":209,"duration":29,"publishedAt":210,"category":211,"audioContentCategory":212,"image":-1,"transcript":213,"createdAt":214,"updatedAt":215},"kzpplnh844qvp6317jeq02w1","Jumelage Grenoble Rehovot , 15 décembre 2014","jumelage-grenoble-rehovot-15-decembre-2014","https://res.cloudinary.com/dlnfr74w6/video/upload/v1772908098/py141215_fac597983b.mp3","2026-03-10T12:28:20.978Z",{"id":195,"name":196,"slug":197,"description":29,"color":29},{"id":199,"name":200,"slug":201},"\u003Ch2 class=\"h2emph\">Jumelage Grenoble Rehovot , 15 décembre 2014\u003C/h2>\n\u003Cdiv class=\"twolines\"> \u003C/div>  \n\u003Caudio controls=\"controls\" preload=\"auto\">\n  \u003Csource src=\"/sons/py141215.ogg\" type=\"audio/ogg\">\n  \u003Csource src=\"/sons/py141215.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n\u003C/audio>","2026-03-07T20:28:21.247Z","2026-03-10T12:28:19.258Z",{"id":217,"title":218,"slug":219,"description":11,"audioUrl":220,"duration":29,"publishedAt":221,"category":222,"audioContentCategory":223,"image":-1,"transcript":224,"createdAt":225,"updatedAt":226},"m0odgvr2xtx9phrdo2hd88ct","Yves Markowicz raconte... Diasporim Zinger, 17 mars 2014","yves-markowicz-raconte-diasporim-zinger-17-mars-2014","https://res.cloudinary.com/dlnfr74w6/video/upload/v1772908030/py140317_9e243aedd0.mp3","2026-03-10T12:28:17.356Z",{"id":195,"name":196,"slug":197,"description":29,"color":29},{"id":199,"name":200,"slug":201},"\u003Ch2 class=\"h2emph\">Yves Markowicz \u003Ci>raconte... Diasporim Zinger\u003C/i>, 17 mars 2014\u003C/h2>\n\u003Cdiv class=\"twolines\"> \u003C/div>  \n\u003Caudio controls=\"controls\" preload=\"auto\">\n  \u003Csource src=\"/sons/py140317.ogg\" type=\"audio/ogg\">\n  \u003Csource src=\"/sons/py140317.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n\tYour browser does not support the audio element.\n\u003C/audio>","2026-03-07T20:27:14.960Z","2026-03-10T12:28:15.862Z",1775484736783]