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Qui sommes-nous ?

Paru au Journal Officiel en 1981, mais déjà actif depuis plus de 10 ans auparavant, le Cercle Bernard Lazare - Grenoble s'est donné comme objectif de faire connaître la culture juive à travers la cité, puisqu'elle est, par son universalisme et sa diversité, un merveilleux instrument de rapprochement et de dialogue. Le Cercle est une association laïque, ouverte à tous, qui fait partie de la communauté juive de Grenoble.

Pourquoi la référence à Bernard Lazare ?

Lazare Bernard dit Bernard Lazare

est une personnalité emblématique de la fin du 19ème siècle. Né dans une famille de la bourgeoisie juive assimilée de Nîmes en 1865, il "monte à Paris" où il fréquente les milieux anarchistes, jusqu'au moment où il prend conscience de son identité juive et l'assume de manière "active, positive et légitime" en réaction à la publication de "La France juive" par Drumont. Il publie en 1894 un livre majeur, "L'antisémitisme, son histoire et ses causes". Très vite, convaincu de l'innocence d' Alfred Dreyfus, il publie en 1896 une brochure intitulée Une erreur judiciaire, la vérité sur l"affaire Dreyfus" qui convaincra Emile Zola de se lancer dans la bataille. A la fin de sa vie, dans les premières années du 20ème siècle, il noue avec Charles Péguy une profonde amitié que l'écrivain chrétien décrit magnifiquement dans Notre jeunesse.

Le Cercle et la culture juive

Né avec la quinzaine de culture yiddish, organisée avec la Maison de la Culture, puis avec celle de la culture sépharade, le Cercle s'efforce de diffuser cette culture juive en organisant chaque automne, depuis 1995, un festival de culture juive, avec de la musique yiddish, de la musique classique ou contemporaine, en valorisant de jeunes talents, de la musique sépharade, judéo-espagnole, judéo-arabe, de la littérature et du théâtre juifs, d'Israël comme de la diaspora. Il a organisé également des colloques sur des thèmes variés, comme par exemple les Journées Maïmonide, Mendès France : la morale en politique, Berlin entre les deux guerres, une symbiose judéo-allemande ?, Rencontres Averroès - Maïmonide Il fait venir ou construit des expositions, comme par exemple sur les Juifs de Pologne : Et je vois toujours leurs visages, sur l'Affaire Dreyfus, sur Les enfants cachés. Sur ce sujet, il a également produit un vidéo-film intitulé Oublie ton nom ! qui passe régulièrement au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère. Il participe et contribue à des actions de commémoration de la shoah, en milieu ouvert ou à l'école, en donnant la parole à des témoins ou à des historiens. Il est partie prenante dans les débats sur la laïcité, les religions, les communautarismes, l'intégration... qui agitent notre République et notre société.

Le Cercle, le dialogue interculturel et le dialogue israélo-arabe

Le Cercle a tissé depuis toujours des liens avec des associations militant contre le racisme, l'antisémitisme et pour la paix, pour les Droits de l'Homme et pour le dialogue interculturel. Toutefois, certains de ces liens se sont distendus lorsque quelques-uns de nos partenaires ont très largement privilégié la lutte contre la mondialisation, l'impérialisme et le colonialisme au détriment de la lutte anti-totalitaire, allant jusqu'à soutenir de délirants discours anti-juifs, mêlant antisionisme et antisémitisme, sous prétexte de soutien à la cause arabo-palestinienne. Le Cercle est une association sioniste de gauche, ce qui signifie qu'il soutient indéfectiblement le droit légitime de l'Etat d'Israël à l'existence, et que dans le même temps, il soutient la création d'un Etat de Palestine viable, dans le cadre du manifeste Deux peuples Deux Etats, seule solution réaliste au conflit du Proche Orient. Il a apporté son soutien à l'Initiative de Genève, plan de paix très élaboré, lors d'un débat organisé conjointement avec l'AFPS. Il préfère donner la parole aux militants de la paix qui vivent au Proche Orient plutôt que de laisser s'exprimer ici les pro-israéliens ou les pro-palestiniens. Il est proche du mouvement La Paix Maintenant.


Brèves

J'accuse

Le Canard enchaîné, n° 5166 du 13 novembre 2019

Rubrique "Le Cinéma"

(L'Affaire dans la plaie)

Roulement de tambour : le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est dégradé dans la cour de l'Ecole militaire, devant un parterre d'officiers et une foule antisémite haineuse qui s'accroche aux grilles. Promu à la tête du contre-espionnage à la suite de ce jugement, le lieutenat-colonel Picquart a des doutes et reprend l'enquête. quitte à se heurter au commandant Henry, son adjoint, et à une brochette de généraux plus cyniques les uns que les autres.

C'est tambour battant que Roman Polanski relate l'affaire Dreyfus, dans ce film resserré et exemplaire qui avance à marche forcée. Il décrit minutieusement la mécanique huilée par la raison d'Etat, qui broie les individus. Et peint ce monde d'hommes en noir - généraux et juges - prêts à sacrifier la vérité et la justice au non du sacro-saint honneur de l'armée. Par un juste retour des choses, et un beau renversement historique, le fil a été projeté ce 4 novembre, en avant première dans l'enceinte de l'Ecole militaire devant un parterre de hauts gradés.

Adoptant non pas le point de vue du capitaine déshonnoré mais celui du lieutenant colonel qui a contribué à lui rendre son honneur, Polanski réalise un film brillant qui met une version de cette affiare si complexe à la portée de tous ou presque. L'interprétation est impeccable. Notamment Jean Dujardin, fougueux et rigoureux en Picquart, Louis Garrrel noué et rigide en Dreyfus, et Grégory Gadebois, extraordinaire de veulerie dans le rôle de Henry.

Finalement couronné par le grand prix à Venise, le film a été difficile à monter et pas simple à promouvoir. Pas question ici de balayer les accusations de viol contre son auteur, lancées à la veille de sa sortie. Elles visent l'homme, mais il serait dommage qu'elle atteignent l'oeuvre . D'autant qu'un film, celui-ci comme un autre, est, rappelons-le, un travaiol collectif.

David Fontaine